GRAVES INNOVATIONS DU SYNODE D'ÉPHÈSE. S
fot démasqué grâce à Fhabile discussion du prêtre Halchusqui le força dans ses derniers retranchements ^ S!h définitive il ne fut condamné qu'à la dernière extrémité et après avoir été entendu. La lettre conciliaire qui annonce sa condamnation est adressée à Févéque d'Alexandrie aussi bien qu'à Tévéque de Bome sans qne les évéques réclament aucune ratification de ce qu'ils ont décidé dans leur souveraineté. Ce qu'il y a de plus grave dans ce document, c'est sa prétention œcuménique, car il est adressé à toute l'Eglise catholique *. En outre les évéques réunis à Gésarée se chargèrent de choisir le remplaçant de Paul de Samosate. Ds portaient ainsi atteinte à la liberté de l'Eglise locale en s'érigeant en représentants d'une catholicité constituée. Certes, l'innovation était grave. Ce qui est plus fâcheux encore, c'est de voir les persécutés d'hier qui seront de nouveau proscrits demain, invoquer l'appui de l'empereur Aurélien contre l'évèque réfractaire pour aboutir à sa déposition. C'est ainsi que la tendance hiérarchique cède dès les premiers jours de son triomphe à l'une des tentations les plus dangereuses auxquelles l'Eglise puisse être exposée, celle qui lui fait oublier que soù royaume n'est pas de ce monde et la pousse à recourir à une force étrangère '• Nous sommes néanmoins encore bien loin du concile œcuménique infaillible et papal des âges suivants. Pour
» Eusèbe, H. E., VII, 29.
• U&Tfi T^ uTcb Tov oipavbv xaSoXixYj Imkriai:^. (Id., VII, 80.) ' AùpYjXiavov ïzVnixi iJsXîjaiTrj; i*/,y.Xt)î(a;. (Théoiorct, Haretie, fabuiaSi II, 8.)
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MO mËt>ÀIlAtlOM AU COKCtLE CBCUIIËinOtni.
tràtispofter le ê^dtème de la hiérarchie romidfie ato troisième fiiècle^ il faut tout antidater. Pour prétendre qtie ce «ystëme a fonctionné dès le début de rfiglise sana modifications essentielles, il faut déchirer toal les documents originaux. Au lieu d'institutions immobiki, nous ayons une Eglise libre et Tirante dans le sein de laquelle les tendances diverses se supportent d'abord, puis se combattent jusqu'à ce qu* elles ÛniHêênt pir s'ÀtDortir sous un joUg autoritaire. Les titres de la hi(rarchie n'existent pas dans ce grand passé, bien qa'on y rencontre à chaque pas la trace de 6es premières usurpations et de ses progrès. Le moment va Vènh* où soutenue dû dehors et alliée à FEmpire elle ponm tout oser *.
^ Si nous cherchons à nous rendre compte du nombre dès principsoi synodes du troisième siècle^ nous arrivons aux résultats suivants^ tODjoars un peu approximatifs :
i) Synode convoqué par Agrippinus pour la question du baptême des hérétiques. (Cyprien, Ep., 71, 4. Augustin, De baptismoy c. Donat, lib. II, 7.) Il a dû se tenir après Tan 205, époque à laquelle Tertullien ne parlait dans son livre De j^'uniis que de synodes grecs. La date de 230 parait probable puisque, d'après les Philosophoumena, la question da baptême des hérétiques n*a fait son apparition qu^aveô Callisté (liS-Sîi), le premier évéque qui se soit refusé à les rebaptiser.
2) Deux synodes tenus à Alexandrie à l'occasion d'Origène, vers Tan 231. (Phot., Codex, 118.)
8) Synode d'iconie sur le baptême des hérétiques. Firmilianus qui écrit à Cyprien, vers 255, dit y avoir pris part il y a longtemps (Jam pridem in ïconio collecti in unum. Cyprien, Ep.y 75, 7), probablement an dâmi de son épiscopat : ce qui nous reporte vers l'an 280.
4) Synode sur le même sujet à Synnada en Phrygie, d'après Denys d'Alexandrie. (Eusèbe, H, E,, VII, 7.)
5] Synode de Lambesitana, colonie en Numidie, où siègent quatrevingt-dix évèques à l'occasion d'un certain évéque Privatus, accusé d'hérésie.
6) Deux synodes d'Arabie dans lesquels Origène ramène les hérôtiqaes. (Eusèbe, H. E., VI, 8387.)