‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 11 sur 613 · DIAI.ISME DES RELIGIONS DE LA NATURE · texte numérisé non relu

DIAI.ISME DES RELIGIONS DE LA NATURE

de son berceau par des migrations successives, elle n'a plus qu'un souvenir confus de son origine, les religions qu'elle crée portent l'empreinte d'un matérialisme grossier. Gardant au fond du cœur le sentiment de sa dépendance vis-à-vis d'une puissance supérieure et mystérieuse à laquelle elle ne saurait se dérober, elle ne cherche pas cette puissance en dehors du monde, elle s'arrête à ses premières manifestations dans la nature, et c'est devant cette nature elle-même qu'elle se prosterne. Les religions de la nature sont les premières créations religieuses de l'humanité après la chute. Elles correspondent exactement à la perversion de son être moral; elles marquent avec éclat le triomphe des sens sur l'àme. Signes effrayants de la dégradation de l'homme, on pourrait les considérer comme la plus sûre vengeance du Dieu offensé par lui, si ce Dieu connaissait d'autre vengeance que celle d'un saint amour qui ne se dément pas, même quand il châtie.

Ces religions reposent toutes sur le même principe. Le monde moral leur est absolument fermé; elles ne placent pas l'homme en face des lois de la conscience, mais en face des forces de la nature. Une double force s'y manifeste : tantôt elle fait éclore la vie avec abondance, tantôt elle en détruit les germes avec fureur. D'un côté, c'est une mère prodigue et souriante qui répand à flots ses trésors sur tous les êtres ; c'est elle qui fait briller le radieux soleil, qui envoie les fleurs du printemps et les fruits de l'été et de l'automne ; c'est elle qui communique la fécondité à tout ce qui se meut sur la terre ; c'est elle qui est la source de toute félicité

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