‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 149 sur 613 · EVOLUTION PARALLÈLE DE L'UN ET DE LAUTHE · texte numérisé non relu

EVOLUTION PARALLÈLE DE L'UN ET DE LAUTHE

impuissance et sa misère, de l'autre, sos aspirations sont purifiées et éclairées par une lumière supérieure. Les diverses phases de l'histoire du monde païen se retrouvent dans l'histoire du judaïsme ; mais la révélation dégage de chacune d'elles le grand enseignement qu'elle renferme, et qui est ailleurs altéré parla corruption de peuples idolâtres. L'histoire du judaïsme, c'est le côté divin de l'histoire de l'humanité mis eu pleine évidence. Nous avons discerné deux phases principales dans l'œuvre de préparation au milieu du paganisme : dans la première, le désir du salut devient plus précis au travers de l'évolution des mythologies ; la seconde manifeste par la décadence de l'ancienne société la nécessité d'une assistance surnaturelle. Ces deux périodes partagent de même l'histoire du peuple de Dieu, mais dans l'une comme dans l'autre on reconnaît la supériorité religieuse qui lui appartient. Dans la première, nous n'avons pas une évolution mythologique, mais une succession de révélations toujours mises en rapport avec l'état moral du peuple. Dans la seconde, nous assistons à l'éclipsé de la gloire nationale d'Israël, mais nous ne rencontrons pas l'affreuse décomposition de la Rome impériale. Le désir du salut, qui sur la terre païenne croît comme un olivier sauvage, grandit comme l'olivier franc sur le sol sacré de la Judée, cultivé parla main de Dieu. Aussi, n'est-ce que sur cette terre bénie, qui a été préservée de l'idolâtrie, que le Sauveur pourra naître. Mais, grâce à cette marche parallèle que nous avons remarquée entre l'histoire du judaïsme et celle du paganisme, il y aura un merveilleux accord entre les dis-

Soi EVOLUTION PARALLÈLE DE L'UN ET DE L'AUTRE.

positions générales de l'humanité considérée dans ses meilleurs représentants et le glorieux événement qui est le dénoùment de son histoire religieuse. Ajoutons que, dans toutes les époques importantes, Israël fut mis en contact avec les nations qui jouaient le premier rôle sur la scène du monde. A l'époque patriarcale, quand il était encore renfermé dans les limites d'une famille, il dressa sa tente en Mésopotamie. Il traversa l'Egypte avant de se constituer définitivement sous Moïse. Plus tard, il fut transporté à Babylone, et assista à la grande révolution amenée en Asie par le triomphe des Perses. Enfin, depuis le jour où il fit partie de l'empire d'Alexandre et où il partagea la changeante fortune de ses diverses provinces, il fut pour toujours arraché à l'isolement. La fraction du peuple qui émigra à Alexandrie entra en communication directe avec le génie de l'Occident. Ces rapprochements successifs entre le judaïsme et le paganisme n'ont point enrichi la religion du peuple élu, qui a une originalité trop tranchée pour être soupçonnée d'avoir vécu d'emprunts. Mais ils devaient servir, dans des vues providentielles, à maintenir une certaine corrélation entre la religion révélée et les autres religions. La première répond divinement aux besoins vrais qui se manifestent dans les grandes mythologies de l'ancien monde. Mais cette réponse, pour être en rapport à chaque période de l'histoire avec l'état général de l'humanité, n'en est pas moins une révélation.

A en croire une certaine école, le peuple juif n'aurait eu d'autre révélation que celle qu'il portait dans le sang

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