LA LOI ET LA PROMESSE
Le rapport avec lui n'est pas ce rapport physique qui était à la base du sacerdoce des religions de la nature. Le peuple élu, qui est une sorte de caste sacerdotale au milieu de l'humanité, ne tient pas son privilège d'une descendance purement extérieure de la Divinité, comme les brahmanes de l'Inde. Il le tient d'une relation toute morale; sa dignité exceptionnelle repose sur la sainteté exceptionnelle de ses ancêtres. Un grand acte de foi et d'obéissance explique son élection. Abraham est le père d'une race privilégiée parce qu'il est le père des croyants, et le privilège obtenu par la sainteté se conserve encore par elle. Israël est le prêtre de Jéhovah parce qu'il lui est uni par le lien sacré de l'amour et de la soumission. Il n'y a pas, dans le judaïsme, de divorce entre la dévotion et la yie morale ; la dévotion, ou la piété normale, c'est la vie morale élevée à la plus haute puissance.
Ce n'est pas pourtant que le judaïsme soit présenté comme la religion par excellence. Quelle que soit sa supériorité sur tous les cultes qui l'entourent, il n'en est pas moins constitué comme un culte provisoire. Il a conscience d'être une économie préparatoire et non pas une économie définitive. Il a son but en dehors de lui. Il porte en lui une pensée plus grande que lui-même, et sa gloire est précisément d'être tout entier tourné vers le glorieux avenir qui le dépasse. Une immense espérance traverse ses institutions, ses livres sacrés, son histoire. Ce n'est pas seulement son espérance à lui, c'est l'espérance de la terre entière. La bénédiction qui lui a été promise n'est autre que la venue du divin réparateur qui