LE SACERDOCE ET LE SACRIFICE
enveloppe sa vie entière par la multiplicité et le détail des préceptes et des cérémonies. La loi et la promesse s'y montrent étroitement entrelacées.
Les quatre grandes institutions religieuses qui sont inhérentes à l'économie préparatoire, et dont nous avons retrouvé des vestiges dans tous les cultes deTOrient et de l'Occident, reçoivent du mosaïsme leur pleine signilicatiou. Elles ont une valeur à la fois symbolique et typique; elles figurent d'importantes vérités qui ont déjà une application présente ; mais, en même temps, elles sont « l'ombre des biens à venir. » Elles constituent dans leurs grands traits un type admirable de la religion définitive. S'il faut se garder avec soin des arguties rabbiniques, qui cherchent à relire l'Evangile dans la construction du tabernacle et dans les ornements sacerdotaux, il ne faut pas moins éviter la sèche interprétation de ceux qui ne voient dans le judaïsme qu'un « monothéisme essentiellement terrestre ^ . »
Deux institutions, le sacerdoce et le sacrifice, jouent le premier rôle dans le mosaïsme, comme dans toutes les religions de l'antiquité. Nous avons déjà reconnu une première réalisation de l'idée du sacerdoce dans l'éieclion du peuple d'Israël. Cette élection, comme la prêtrise spéciale, est fondée sur la double idée que l'humanité, dans son ensemble-, n'ose s'approcher de Dieu, mais que cependant elle peut communiquer avec lui par une médiation. Israël, en tant que peuple élu et
* Salvador, La Vie de Jésus. — Bahr, dans sa belle Introduction, ne nous semble pas lairc la part assez large au type; il a trop la tendance de le réduire à n'être qu'un symbole dont la portée ne dépasse pas le moment présent. (Bahr, Symbolik, t. I, p. 23.)