‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 165 sur 613 · LE SACRIFICE · texte numérisé non relu

LE SACRIFICE

Ja \ictime. On s'est attaché trop exclusivement, dans l'interprétation du sacrifice judaïque, à ce dernier trait, comme s'il s'agissait uniquement, pour l'Israélite, d'apaiser la justice de Dieu par le sang des agneaux et des taureaux. Nous ne nions pas que ce point de vue n'ait reçu une certaine sanction de la part du mosaïsme ; révélation de la justice et de la sévérité de Dieu, il devait proclamer que toute désobéissance à la loi méritait la mort. L'immolation de la victime rappelait cette terrible sanction du Décalogue. Le sacrifice juif portait le sceau de l'économie à laquelle il appartenait ; il était incomplet comme elle. Il a été, comme toutes les institutions mosaïques, aboli en même temps qu'accompli dans la nouvelle alliance. C'est dire que le sacrifice du Calvaire ne peut lui être en tout point semblable, et que nous n'avons pas le droit de préjuger la nature du second d'après le caractère du premier. L'Evangile nous apporte de nouvelles lumières sur Dieu; sans diminuer sa sainteté, il révèle l'accord entre sa justice et son amour. D'ailleurs la victime immolée à la croix n'est pas identique à la victime du temple. Ces différences entre les deux économies nous interdisent une assimilation complète entre les deux sacrifices. Reconnaissons aussi que l'on fait tort au sacrifice juif quand on n'y voit qu'une expiation par le sang. On n'a pas donné assez d'importance au fait de l'offrande elle-même. L'offrande représentait le don du cœur à Dieu. Comme la victime était symboliquement substituée au pécheur, celui-ci, en l'immolant, exprimait sa volonté de se donner sans réserve à Dieu, et de mourir à lui-môme. Le sacrifice

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