LE SANCTUAIRE
représentait donc l'acte saint par excellence. Mais évidemment le signe dépassait la chose signifiée ; nul n'avait la pureté symbolique de la victime; nul ne se consacrait absolument à Dieu. Ainsi cette institution si importante développait à la fois le sentiment de sa propre insuffisance et l'aspiration vers un sacrifice meilleur. Par un côté, par celui de la mort de la victime, le sacrifice rappelait la justice du Dieu offensé et le salaire du péché; par l'autre, il nourrissait l'espoir du salut. Il faisait surgir une espérance de cette mort; accepté de Dieu, il devenait une prophétie de la réconciliation future *. On sait quelle importance la législation mosaïque a donnée à l'érection d'un sanctuaire. D'abord mobile comme une tente, il devint sous Salomon, au temps de la plus grande gloire d'Israël, un majestueux édifice. Le lieu saint est à la terre sainte ce qu'est la prêtrise au peuple élu; c'est là que Dieu manifeste surtout sa présence. Les sacrifices ne peuvent s'offrir que sur l'autel qui est au centre du sanctuaire -. La terre maudite n'offre d'autre asile au culte du vrai Dieu que cette enceinte qui lui est consacrée ^ L'institution du sabbat ou du jour du repos implique également la notion de la condamnation ; les occupations ordinaires de la vie ont un caractère profane; elles doivent être suspendues pour offrir
1 Bahr nous paraît donner une explication trop subtile du sacrifice, quand, s'appuyant sur le passage de la Genèse qui voit dans le sang l'àrae de l'animal (Genèse IX, 4), il -voit dans l'aspersion du sang sur l'autel le symbole de la mort au moi ou à Végoïsme, le sacrifice n'étant plus alors que l'image d'un acte de renoncement.
2 Exode XXVII.
* De Wettej Archéologie.