‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 174 sur 613 · INFLUENCE DE LA PROPHÉTIE. ^S · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA PROPHÉTIE. ^S

haumc d'une consolante espérance. Grâce à elle, le judaïsme, dans ses beaux jours, est arrivé au point culminant de sou développement. Il s'est assimilé la pensée fondamentale qui préside à toutes ses institutions religieuses. Unissant le repentir à l'espoir, il s'est tourné vers l'avenir, non pas comme le monde païen, dans une attente confuse et inquiète fondée uniquement sur des pressentiments, mais avec une foi affermie reposant sur une révélation positive. Les sombres jours de la décadence lui réservaient une expérience sévère et précieuse à la fois, qui devait s'ajouter, comme un dernier bienfait, à tous ceux dont il avait été comblé ' .

* La conception de la prophétie de l'Ancien Testament a varié considérablement dans la théologie contemporaine. Nous avons déjà indiqué les doux points de vue extrêmes, celui d'Ewald et celui d'Hengstenberg. Le second a été aggravé par une certaine école tbéologique anglaise, qui, oubliant complètement le caractère symbolique de la prophétie, a fait graviter en quelque sorte ses oracles autour des destinées terrestres du peuple juif. Son retour en Canaian devient pour cette école le fait essentiel de l'avenir. Hengstenberg, malgré l'étroitesse de sa conception, avait trop de science et de tact exégétique pour admettre un pareil système, qui rapetisse le rôle de la prophétie et la révélation elle-même. L'idée que nous avons développée est, avec quelques variantes, celle de Tholuck, d'Hoffmann et de Kurtz. Tholuck [Commentai- zum Hebrxer Brief. 1836. Appendice, I, 11), relève le côté humain; Hoffmann (Weissaguny und ErlûUung im alten und neuen Test., 1851) relève davantage le côté divin et passif dans la prophétie; mais l'un et l'autre reconnaissent que l'histoire d'iBracl est en quelque sorte le substratum de la prophétie, qu'elle la porte comme le tronc d'un arbre porte ses rameaux, par la raison que l'histoire d'Israël f-st elle-même une préparation k l'accomplissement du grand avenir promis. (Voir un intéressant travail de M. Kayser sur les rapports de l'Ancien et du Nouveau Testament d'après les théologiens orthodoxes modernes. l\cvue de théologie, vol. VIII, 4"^ et 5"= livraisons.)

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