INFLUENCE DU PARSISME
tienne à ce judaïsme officiel qui, tout populaire qu'il fût, n'en était pas moins une tendance anormale.
La restauration opérée par Esdras et Néhémie fut un retour sérieux à la religion des pères, sans aucun mélange d'influence étrangère. Bien au contraire, elle provoqua une réaction énergique qui poussait les Juifs à rompre tous les liens, même les plus cliers et les plus tendres, formés sur la terre d'exil. On ne saurait méconnaître toutefois que le contact avec la Perse n'ait dû, tôt ou tard, exercer une certaine action sur tous ceux qui étaient bien plus tournés vers la scolastique religieuse qu'inclinés à une piété vivante. Ce serait à tort cependant qu'on attribuerait au parsisme la théologie juive de cette époque. Il a pu en modifier quelque peu la forme, mais il ne lui a point donné de nouvelles doctrines ; il a plutôt inspiré quelques modifications du dogme déjà existant. C'est ainsi que les anges tendent à jouer un rôle de plus en plus considérable et sont parfois élevés au rang de puissances cosmogoniques. On est en droit d'attribuer à la même influence, combinée avec le platonisme alexandrin, cette personnification de la sagesse, ébauchée mais non réalisée avec une logique parfaite par Jésus Sirach, dont on a voulu faire sans raison le précurseur de saint Jean * . Les idées étrangères n'ont fait irruption que plus tard dans le judaïsme.
1 Sapience, de Jésus Sirach, c. I, XXIV; c. VII, VIII. Cette personnification de la sagesse est prise si peu au sérieux qu'il est dit (Sap. XXIV, 17, 22), qu'elle fait son habitation dans les esprits des saints et des prophètes, mais sans s'y emprisonner, parce qu'elle traverse tous les esprits. (Voir Donner, Lehre von der Persan Christi, p. 20, 21.) Voir aussi sur l'influence du parsisme sur l'hébraisme, un article de M. Nicolas dans la Revue de Théologie (juin 1857 .