‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 179 sur 613 · DEUX COURANTS DANS LE JUDAÏSME · texte numérisé non relu

DEUX COURANTS DANS LE JUDAÏSME

dente de rétranger. On ne peut cependant contester qu'un certain nombre de Juifs n'aient essayé de combiner soit les résultats de la philosophie grecque, soit la philosophie orientale avec l'enseignement de l'Ancien Testament. Plus on s'éloigne du centre religieux de la nation, plus cette influence se fait sentir; au contraire plus on se rapproche de Jérusalem, plus elle est faible et imperceptible.

On peut, dans le judaïsme de cette période, distinguer deux courants très-dilFérents : l'un qui roule dans ses eaux troublées tous les préjugés nationaux, toutes les erreurs importées du dehors : c'est le courant du judaïsme déchu, qui s'éloigne toujours plus de sa vraie tradition religieuse; le second courant est celui du judaïsme normal , héritier des prophètes , instruit et épuré par toutes les tristes expériences du présent et portant vers l'avenir le regard assuré d'une espérance ferme. Son existence nous est révélée d'une manière certaine par ces Israélites craignant Dieu et attendant le Messie, qui nous apparaissent sur le seuil de l'histoire évangélique. Il était naturel que le second courant fût beaucoup moins remarqué que le premier; car celui-ci entraînait, depuis qu'il n'y avait plus ni rois pieux, ni prophètes, tous les principaux de la nation. Le judaïsme normal vivait dans l'ombre, mais il est évident pour nous que son apparition à la lumière, au commencement de l'histoire évangélique, fait saillir sous nos yeux le dernier anneau d'une chaîne déjà longue. Cest à tort qu'on l'a négligé, car on a été amené par là à rattacher trop intimement l'Eglise chré-

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