I,A DISTINCTION CESSE ENTRE LE PROFANE ET LE SACRÉ
venir à la religion définitive, précisément parce qu'elles étaient admirablement appropriées à la situation de riiumanité avant Jésus-Christ.
Il est évident d'abord que, depuis la rédemption, la ligne de démarcation entre le peuple juif et les autres peuples devait s'effacer et disparaître. L'élection d'Israël n'avait d'autre destination que de réserver un coin de terre au monothéisme, afin d'y placer le berceau du Messie. L'universaiisme, qui n'avait cessé de planer au-dessus du judaïsme, comme une promesse glorieuse, devait voir s'abaisser devant lui toutes les barrières du jour où le salut de l'humauité aurait été accompli sur la croix. Tous les privilèges disparaissaient dans la grandeur et la généralité du pardon accordé. Le Sauveur n'avait pas simplement représenté les Juifs; il s'était nommé le Fils de l'homme, le second Adam, et il appelait à lui, sans distinction, tous les enfants de la race perdue qu'il avait rachetée.
Depuis que son sang avait coulé au Calvaire, la terre, purifiée par lui, était relevée de l'anathème qui l'avait frappée. Le temple de Jérusalem n'était plus le sanctuaire unique du Dieu saint. La vie humaine était tout entière reconquise pour Dieu; elle s'élevait, pour le croyant, à la dignité d'un culte permanent. La distinction entre le profane et le sacré était abolie. Il n'y avait plus que la distinction entre le bien et le mal, distinction qui implique que l'on pratique toujours le premier et que l'on évite toujours le second. Enfin, la distance entre le ciel et la terre était comblée; un seul médiateur remplaçait tous les autres. Une seule offrande, I 22