‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 204 sur 613 · CARACTÈRE DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE L'ÉGLISE

par lui et qui, toute pénétrée de son esprit et vivant de sa vie, répandît l'Evangile dans le monde. Cette société sainte est l'Eglise chrétienne. Elle diffère de toutes les institutions religieuses qui l'avaient précédée. Elle n'est point liée, comme la tiiéocratie juive, à un peuple spécial ; elle ne s'arrête point aux frontières d'un pays. Elle forme ce rovaume « qui n'est pas de ce monde » et qui doit pourtant triompher de toutes les puissances de la terre liguées contre lui. Placée en dehors des conditions extérieures du judaïsme, l'Eglise est avant tout un fait moral et spirituel dont le caractère est essentiellement surnaturel. Elle est née du miracle et elle en vit. Fondée en effet sur le grand miracle de la rédemption, elle se perpétue et s'accroît par le miracle incessamment renouvelé de la conversion. On n'y entre pas par la voie naturelle de la naissance, mais par la voie surnaturelle de la nouvelle naissance. Reposant sur les libres convictions, l'Eglise, sainte communauté des âmes, les gagne une à une, et les conquiert de haute lutte sur le monde et sur elles-mêmes; elle réclame de chacune une adhésion qui implique le sacrifice de la volonté. Elle fait le plus énergique appel à l'individualité, précisément parce qu'elle s'adresse à tous les hommes. Une fois que l'on a écarté le recrutement théocratique et national, toujours limité et restreint, il ne reste plus que le recrutement individuel qui répond seul à la largeur de l'universalisme chrétien, parce que seul il place l'Eglise au-dessus des barrières étroites des nationalités et des circonscriptions territoriales. En effet, si l'on retranche dans l'homme le caractère contingent de

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