‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 256 sur 613 · SAINT PAUL · texte numérisé non relu

SAINT PAUL

cœur humain. Toutes ces grandes qualités étaient rehaussées par un dévouement absolu à Jésus-Christ, et une abnégation telle, qu'à part le sacrifice du Rédempteur, on n'a rien vu de semblable sur la terre. C'était une constante immolation de sa personne. Ses souffrances ont autant contribué au triomphe de ses principes que son infatigable activité. Demeurant constamment sur la brèche pour les défendre, en proie aux contradictions les plus pénibles, non-seulement de la part des Juifs, mais encore de la part de ses frères ; voyant son nom voué à l'exécration par son peuple, et à la calomnie par un parti fanatique et intolérant dans l'Eglise, menacé de mort par ces païens dont il revendiquait les droits avec tant d'énergie, nul n'a plus souffert que lui en servant la vérité, mais nul aussi n'a rendu un témoignage plus sérieux, plus solennel et plus efficace, puisque chacune de ses paroles avait le sceau du martyre. Paul fut le premier des missionnaires, et il servit par là efficacement la cause de l'universalisme chrétien. Il fallut bien que la porte de l'Eglise s'ouvrît aux milliers de prosélytes qui venaient y frapper d'Athènes, de Corinthe, d'Ephèse et de Rome. Mais le grand Apôtre des Gentils ne se contenta pas de cet argument irrésistible des faits ; il y joignit une discussion aussi habile qu'éloquente, et armé d'une dialectique parfaitement appropriée aux habitudes d'esprit de ses adversaires, il établit victorieusement ses principes.

Les quelques lettres qui nous en conservent le souvenir sont marquées à chaque page de l'empreinte de son

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