‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 264 sur 613 · LES TROIS JOURS DE DAMAS · texte numérisé non relu

LES TROIS JOURS DE DAMAS

qui sont couverts d'un voile : les yeux de son âme sont non moins obscurcis. Il sent qu'il touche à la crise suprême de sa vie spirituelle et il erre en tâtonnant dans ces épaisses ténèbres, ne sachant qu'une chose : c'est qu'il a persécuté Jésus-Christ. Aussi se laisse-t-il conduire comme un petit enfant dans la ville, où, selon la promesse qui lui a été faite, il doit recevoir de nouvelles lumières.

On se tromperait gravement si l'on s'imaginait que la conversion de Saul fut achevée sur le chemin de Damas. Son orgueil avait été brisé, ses doutes dissipés ; mais il ne s'était pas encore relevé de ce coup de foudre qui avait séparé sa vie en deux. 11 avait bien reçu la vocation d'apôtre ' ; mais il n'en avait compris ni la grandeur ni les périls. Il était nécessaire qu'il fîit soumis à une douloureuse initiation. 11 passe trois jours entouré d'une obscurité complète, incapable de manger ni de boire. Il ne nous a pas raconté Ihistoire de ces trois jours, mais il est facile de se représenter ce qu'ils furent pour lui. Il les passa dans l'humiliation la plus profonde, accablé tout autant par le souvenir de ses péchés que par la grandeur des grâces qui lui sont accordées ; c'est alors qu'il connut toutes les amertumes du repentir. On le voit se disant sans cesse : J'ai persécuté mon Sauveur! et arrivant à la conviction, qui ne le quittera plus, que de tous les pécheurs il a été le plus grand -, lui, le persécuteur et le blasphémateur d'hier. Quand, dans une vive image, il nous a peint la première période de la con

1 Actes XXVI, 17, 18. - > 1 Tim. I, 15.

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