‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 263 sur 613 · IL EST VAINCU · texte numérisé non relu

IL EST VAINCU

tel miracle. Tout miracle a une double face; une face extérieure qui appartient a tout le monde et un côté spirituel et divin qui n'est visible qu'à l'œil intérieur.

Tâchons de nous rendre compte de la scène mystérieuse qui se passa sur le chemin de Damas, et dont les conséquences furent si importantes pour l'Apôtre et pour l'Eglise, Saul de Tarse est déjà ébranlé intérieurement. Il a vu de près les premiers chrétiens; il a vu leur vie sainte et pure; il a vu surtout leur mort. Le souvenir d'Etienne mourant n'a pas cessé de le poursuivre. En même temps il a expérimenté toute l'impuissance de la loi ancienne ; il est comme exténué par ses combats intérieurs; mais il frémit à la pensée de répudier son passé. Tous ces sentiments bouillonnent au dedans de lui tandis qu'il se dirige vers Damas. Sa conscience n'est pas tranquille; son cœur est abattu et agité à la fois. C'est alors que Jésus-Christ lui apparaît et lui adresse cette parole : "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?» Elle trouve un écho profond au dedans de lui, et quand la voix ajoute : « Je suis ce Jésus que tu persécutes, » Saul est vaincu ; il tombe comme foudroyé ; il sent qu'il y a déjà longtemps qu'il lutte contre l'aiguillon qui le transperce. La lumière s'est faite pour lui, ses doutes sont dissipés; il voit, il croit. Etienne ne s'était pas trompé ; Jésus-Christ est bien le Seigneur de gloire, et c'est lui qu'il allait encore persécuter à Damas. Quel bouleversement total! quel accablement ! Après une telle découverte, Saul est brisé, anéanti; il n'est plus luimême ! Ce ne sont pas seulement les yeux de sou corps

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