‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 275 sur 613 · S LES DEUX CONFÉRENCES · texte numérisé non relu

S LES DEUX CONFÉRENCES

s'agissait plus seulement d'un fait isolé comme à l'époque de la conversion de Corneille. Ce n'était plus nne seule famille qui recevait le baptême : c'étaient des milliers d'incirconcis. La seconde question concernait Vapostolat de Paul. Avait il le droit d'user d'une liberté aussi Grande dans le champ d'action qu'il s'était choisi? Pouvait-il ainsi, sans s'être entendu avec l'Eglise de Jérusalem, opérer d'aussi importantes réformes? En d'autres termes, était-il véritablement apôtre? De ces deux questions, l'une était d'un intérêt général, et l'autre personnelle à Paul. Il convenait de traiter la première à la face de tonte l'Eglise, tandis que la seconde, par sa nature délicate, réclamait unediscussionintime.il y eut donc deux genres de conférences qui eurent lieu simultanément à Jérusalem, des conférences privées entre les apôtres', puis des conférences publiques auxquelles l'Eglise entière prit part^.

Mais avant de suivre ces importants débats, il est nécessaire do nous orienter, en quelque sorte, au milieu des diverses tendances qui se trouvaient en présence. On a prétendu qu'au fond la lutte était entre saint Paul et les autres apôtres, qui n'auraient dépassé en rien les idées judaïques. Cette hypothèse a contre elle aussi bien les déclarations explicites de saint Paul que le récit de Luc. Nous avons déjà esquissé l'histoire de l'Eglise de Jérusalem jusqu'à cette époque. Nous avons vu que, tout en continuant à pratiouer les observances légales, elle avait pourtant conscience déformer une société à part, fondée

' Gai. II, Ml. — 2 Actes XV, 6.

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