‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 319 sur 613 · PRESSENTIMENTS DE CAPTIVITE ET DE MOUT · texte numérisé non relu

PRESSENTIMENTS DE CAPTIVITE ET DE MOUT

tracer les commencements de l'Eglise de Rome, et de document dogmatique pour exposer les vues de Paul sur le christianisme.

Paul, dans son infatigable ardeur, méditait un voyage missionnaire qui devait le conduire aux confins de l'Occident. Il pensait à porter l'Evangile jusqu'en Espagne % mais il désirait auparavant se rendre de nouveau à Jérusalem, pour y porter la collecte abondante qui avait été faite par ses soins dans les Eglises de la Macédoine et de l'Achaïe, et y resserrer les liens qui l'unissaient à ses collègues dans l'apostolat ^. Mais au moment même où il se préparait à ces nouveaux et lointains voyages, il avait le pressentiment qu'en se rendant à Jérusalem il allait au-devant des plus graves périls qu'il eût encore rencontrés. En effet, il avait rompu ouvertement avec les Juifs dans toutes les grandes villes de l'Asie et de la Grèce . Il n'avait gardé aucun ménagement avec eux ; il savait par de douloureuses expériences tout ce qu'il pouvait attendre de leur fanatisme au centre même de leur puissance. Déjà, dans l'épître aux Romains, on voit percer ces pressentiments ; l'Apôtre presse les chrétiens de Rome de demander à Dieu pour lui de le délivrer des incrédules qui sont en Judée ^. Ses amis partageaient ces préoccupations, qui furent confirmées à plusieurs reprises par des révélations prophétiques. Aussi ce voyage à Jérusalem fut-il une suite non interrompue des adieux les plus touchants. Ils commencèrent à Troas, où l'Apôtre s'était rendu de Philippes

» Rom. XY, 24. — 3 Rom. XV, 30, 31. — ^ Rom. XV, 31.

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