‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 318 sur 613 · K) NOUVEAU VOYAGK EN MACEDOINE · texte numérisé non relu

K) NOUVEAU VOYAGK EN MACEDOINE

valent subir de la part du monde païen. Elle apprenait à l'Eglise à quel prix ou ébranle une société corrompue. Les clameurs du cirque d'Ephèse étaient comme un premier écho de ce cri qui devait retentir pendant trois siècles : Les chrétiens aux lions! C'était le premier rugissement du paganisme contre le christianisme!

D'Ephèse, Paul se rendit en Europe. Tl avait, peu de temps auparavant, envoyé Tite à Corinthe avec la mission de s'informer exactement de l'effet qu'y avait produit sa lettre ^ Après avoir attendu vainement son retour à Troas^ il partit pour visiter les Eglises de Macédoine. Il les trouva florissantes, pleines de dévouement à sa personne, fermes dans leur foi, épurées par la persécution, et disposées à concourir généreusement a la collecte faite par Paul en faveur des chrétiens de Palestine ^ Ce fut une grande consolation pour l'Apôtre au milieu de ses propres afflictions ; car en Macédoine, comme en Asie et en Achaïe, il rencontrait l'ardente et persévérante inimitié des Juifs, et il était parfois écrasé par la grandeur de la tâche et les fatigues d'une lutte incessante \ Enfin, Tite le rejoignit, et lui apprit l'effet salutaire produit par sa première lettre aux chrétiens de Corinthe. Les désordres scandaleux avaient disparu, l'affection pour l'Apôtre s'était ranimée; de meilleurs jours semblaient prêts à luire à Corinthe. Ce; eudant, l'ordre n'était pas encore rétabli dans une Eglise si récemment et si violemment ébranlée. Los ad\ersaires

1 2 Cor. XII, 18. — -i 2 G ir. II, 12, 13. — ^ 2 Cur. VIII, 1. * 2 Cor. VII, 3.

2« EPITRE AUX CORINTHIENS. 4t

de l'Apôtre essayaient de ressaisir leur influence compromise eu redoublant leurs attaques contre Paul et en lui déniant ses droits à l'apostolat. Celui-ci, dans la seconde lettre écrite sous limpression de ses entretiens avec ïite, donna libre carrière aux sentiments qui remplissaient son cœur ; il était partagé entre la joie que lui causait le repentir des Corinthiens et l'indignation provoquée par d'injustes attaques. Il y répond en présentant l'apologie la plus émue et la plus belle de son œuvre apostolique. Il peint e" traits de feu ses travaux, ses souffrances, ses triomphes, et nous initie à sa vie intérieure dans ce qu'elle a de plus intime, après avoir donné un incomparable tableau de sa vie missionnaire. Nulle part dans ses écrits, toujours si pleins d'originalité, Paul n'a marqué aussi profondément l'empreinte de son individualité. L'épître se termine par des recommandations relatives à la collecte en faveur de l'Eglise de Jérusalem. Cette lettre fut envoyée à Corinthe par Tite, qui dut recueillir les dernières offrandes des chrétiens de Corinthe. Paul demeura lui-même encore quelque temps en Macédoine, et c'est probablement a cette époque qu'il fit en Illyriele voyage missionnaire dont il parle dans sa lettre aux Romains'. Il y séjourna, comme il l'avait dit à Tite, dans la ville de Nicopolis^, bâtie par Auguste en mémoire de la bataille dActium. De la, il revint en Grèce et passa trois mois en Acliaïe, principalement à Corinthe, où il écrivit sa lettre aux Komains, qui nous servira de document historique pour re-

' Rom, XV^ 19. — 2 Tite I!l, 15.

Page 1