LETTRE DE PIERRE
Paul, Ja grandeur et la gloire de la soullrance chrétienne et se préparant lui-même à sceller de sou sang son témoignage à la vérité. Sa lettre nous le montre arrivé à cette maturité suprême qui est déjà une anticipation du ciel. On peut mesurer la puissance de la grâce à la grandeur du changement opéré en lui. Cet homme violent et grossier, qui tirait l'épéc contre Malchus et le lendemain reniait le nom de Jésus-Christ, a revêtu la patience et riiéroïque douceur de son Maître; ce Juif ignorant et rempli de préjugés est arrivé au point de vue le plus élevé et le plus spirituel. Tout en lui a été équilibré. Son ardeur a été purifiée; son énergie est à la fois contenue et préservée des défaillances de la chair. Pour employer sa propre image, l'or pur s'est dégagé de tout alliage', et, à le voir tellement transformé, on comprend qu'il n'est pas de nature opiniâtre et rebelle qui résiste au creuset brûlant et divin par lequel il a passé-.
Pierre a-t-il été de Babyloneà Borne ? Cette question a été très-controversée. Il est impossible de la trancher avec certitude; cependant nous inclinons à la résoudre affirmativement. Il faut ici se garder des préventions de l'esprit de parti. Si un historien défenseur de la hiérarchie a un certain intérêt à admettre le séjour de Pierre à Rome, un historien placé au point de vue opposé peut s'imaginer à tort qu'il a l'intérêt contraire. C'est une raison pour l'un et pour l'autre de peser avec une impartialité redoublée les témoignages de l'antiquité chrétienne. Quant à nous, il nous paraît impossible que Pierre ait
' 1 Pierre, I, 7.
' Voir la noie D à la fin du volume, sur la S'^ épîlre de Pierre.