PIERRE A BABYLONE
lettre de Babylone, il désigne la Bab} lone mystique de l'Apocalypse, ou la Rome païenne. Mais d'abord l'épître de Pierre a été écrite avant l'Apocalypse et la persécution de Néron, c'est-à-dire avant l'époque où la Rome païenne fut pour l'Eglise ce que Babylone avait été pour l'ancien judaïsme. Jusqu'à ce moment, les chrétiens avaient eu beaucoup plus à souffrir des Juifs que des païens. Remarquons, en outre, que le style de Pierre, dans sa lettre, n'est pas monté sur le ton du lyrisme prophétique; rien n'est plus simple que la conclusion. Il n'y a donc aucun motif pour chercher à grand'peine un sens symbolique à une désignation parfaitement claire par elle-même. Pierre avait réussi à fonder une Eglise à Babylone ' ; cette Eglise était devenue un foyer lumineux pour toute la colonie juive. Silas, l'un des compagnons de Paul, rejoignit Pierre en Babylonie, et la peinture qu'il lui fit de l'état critique des Eglises d'Asie Mineure poussa sans doute l'Apôtre à leur adresser une lettre de consolation ^. En effet la persécution commençait à sévir; de même qu'une violente tempête, elle s'annonçait par des signes précurseurs, et il était sage de multiplier les exhortations sérieuses à la veille du sanglant combat qui allait s'engager. Pierre s'y employa avec une sainte éloquence, célébrant à son tour, comme
1 C'est le sens que nous donnons à l'expression : Y) èv BxSu Awvi cuvîy.Asy.Trj.
2 Baronius [Annales, an. 45) place en l'an 45 la composition de la lettre de Pierre. Mais il est évident qu'elle fut écriie beaucoup plus tard; car Pierre, quand il l'écrivit, avait près de lui Silas, qui ne quitta Paul qu'après son premier voyage en Europe, c'est-à-dire après l'an 52 (Actes XVIII, 18).