‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 360 sur 613 · DU SYSTÈME DE BAUK · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME DE BAUK

habitué à multiplier les travaux approfondis, il se poursuit avec des phases diverses. Pour bieu en mesurer la portée, nous devons tout d'abord exposer le point de vue de nos adversaires sur le christianisme primitif. D'après Baur, nous avons, au siècle apostolique, deux partis religieux radicale ment opposés au sein de TEglise. D'un côté, les douze apôtres rangent sous leur bannière tous les partisans delà perpétuité du judaïsme; de l'autre, Paul représente le parti de l'émancipation. Les premiers sont seuls fidèles à la vraie pensée de Jésus- Christ, qui n'a prêché qu'un judaïsme spiritualisé, eu tout point semblable à l'ébionitisme. Paul apporte véritablement un élément nouveau. La lutte éclate à Jérusalem et à Antioche, et se poursuit dans toutes les Eglises. Il n'y a nulle trace de réconciliation entre les apôtres pendant leur vie; seulement Paul, dans son épître aux Romains, fait un premier pas dans le sens de la conciliation, en protestant de son amour pour son peuple, et en lui annonçant le plus glorieux avenir. Il en fait un second à son dernier voyage à Jérusalem^ en se joignant à quelques chrétiens judaïsants qui avaient fait un vœu de nazaréat. Mais cette tentative de rapprochement était trop prématurée pour aboutir. Le parti judaïsant s'acharna sur la mémoire du grand apôtre, visiblebleraent désigné au siècle suivant sous le nom de Simon le Magicien, dans les Clémentines. Cependant, même dans ce curieux écrit, on peut reconnaître des symptômes d'une conciliation prochaine. Le parti judaïque fait quelques concessions. D'abord, le baptême est substitué a la circoncision; ensuite Pierre est présenté comme

DU SYSTEME DE BAUR. iOr,

Tapôtre des païens. L'épître supposée de Jacques continue cette bonne œuvre eu combattant aussi bien la tendance judaïque exagérée que l'école de Paul. Cette école répondu ces avances. L'éjûtre aux Hébreux est destinée à concilier les vues de Paul avec le judaïsme interprété ou plutôt allégorisé à la manière alexandrine. Les épîtres aux Ephésiens et aux Colossieus sont écrites au môme point de vue, car elles s'attachent à montrer que la mort de Jésus-Christ a opéré la réconciliation entre les deux fractions de l'humanité, entre le judaïsme et la gentilité. Mais le document qui porte le plus la trace de ces intentions conciliantes est l'écrit attribué à Luc, connu sous le nom d'Actes des Apôtres. L'auteur essave d'opérer une sorte de réconciliation rétrospective entre les apôtres, et il le fait avec un art infini en présentant Pierre comme un satellite de saint Paul, et en mettant dans sa bouche des discours qui ne conviennent qu'a l'apôtre des Gentils. Les légendes concernant le séjour de Pierre à Rome, ses rapports avec Paul, et leur commun martjre, rentrent dans le même s v sterne. Les lettres pastorales qui dénoncent avec tant de force les pé> rils de la gnose autijudaïque, ainsi que les lettres mises sous le nom des Pères apostoliques, sont inspirées par le même esprit. Le résultat dernier de toutes ces tentatives de conciliation est la composition du quatrième évaugile, qui résout toutes les contradictions. Il plane, dans les hautes régions de la philosophie transcendante, au-dessus de toutes les oppositions du passé. Pour son auteur, les Juifs comme les jiaïcns rentrent dans une seule et même catégorie ; ils appartiennent a

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