SÉRIEUX MORAL DE L'EPITRE DE JACQUES
robe sous l'éclat un peu monotone du style oriental. 3lais la pensée dominante de Tépilre se détache d'autant mieux qu'elle ne fait pas partie d'une vaste construction dogmatique. Le sérieux moral qui empreint cet admirable écrit, tout semé d'images vives et frappantes, lui donne une saveur fortiûante pour la conscience chrétienne.
L'écrivain sacré destinait sa lettre à des Eglises dont il connaissait l'état intérieur. On a prétendu à tort qu'il n'avait en vue qu'un judéo-christianisme pliarisaïque tout à fait étranger à la tendance de saint Paul'. Nous pensons qu'il voulait combattre aussi certaines exagérations de cette tendance qui s'étaient produites dans les contrées limitrophes de la PaJestine. Un christianisme sec et stérile, qui remplaçait les bonnes œuvras par les discussions violentes, menaçait de s'implanter dans les Eglises, où les partis divers s'étaient entrechoqués. C'est ce danger que Jacques cherche à conjurer. A ces aberrations il oppose l'idée générale de son épître, qui n'est pas simplement, comme ou l'a prétendu, l'ascétisme sévère de quelques écrivains de i 'Ancien Testament, mais bien la permanence de l'obligation morale dans les deux économies. Il importait de rappeler a ces chrétiens de parole qu'il leur faudrait aussi comparaître devant le juste juge. Jacques a su développer le côté austère du christianisme sans rien Lnle\eràla miséricorde divine. Bien au contraire, il discerne dans cette miséricorde une loi non moins obligatoire que la
> Néander, Inlroduclioii à sou Explicatiun pralù/ue de l'ij,.ilie de Jacques.