‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 365 sur 613 · DIEU PARDONNE LES PÉCHÉS. 41S · texte numérisé non relu

DIEU PARDONNE LES PÉCHÉS. 41S

lui seront pardonnes^ Si donc, aux yeux de récrivaiu sacré, le péché le plus grave est de manquer de miséricorde, il en résulte que la meilleure des œuvres est de montrer au prochain uu amour miséricordieux. L'amour est placé au centre de la vie morale comme il est au centre de la vie divine. Ainsi, la foi et les œuvres sont étroitement associées ; elles découlent de la même source. La foi est l'acceptation de l'amour divin, les œuvres en sont la réalisation et comme le rayonnement. ]Vous avons dans cetle économie, comme sous l'ancienne, une loi, mais c'est la loi de la charité, promulguée avec éclat par la nouvelle ; les deux économies se rejoignent et se complètent.

Dans la foi séparée des œuvres, Jacques a combattu V intellectualisme dogmatique, Yopus operatum de la doctrine, comme Paul avait combattu Yopus operatum du formalisme légal. L'un et l'autre défendent la vraie religion, qui repose sur la loi royale de la charité. ZS'ous retrouvons chez Jacques la doctrine de la grâce très-clairement enseignée. « Toute grâce excellente et tout don parfait vient d'en haut, et descend du Père des lumières. Il nous a engendrés de sa pure volonté par la parole de la vérité^. L'Esprit de Dieu habite dans les chrétiens', » et c'est lui qui les dirige et les pousse dans la voie de la sainteté. Voilà un élément mystique qui nous élève bien au-dessus du judéo-christianisme.

Le grand argument qu'on fuit valoir pour établir une

1 Jacq. V,15. — 2 Jacq. I, 17, 18.

"» Tb -'iiy^ix z 7.xT(j)y,r,7ev iv r^^h. (Jacq. IV, 5.)

fif. I.HISTOIRE ÉVANGÉLTOUE PARTOUT SUPPOSÉE.

anlinomie entre rôpîtrc do Jacques et le tvpe doctrinal de Paul, est le silence gardé par le premier sur tous les faits historiques de l'Evangile. Il ne parle ni de la mort, ni de la résurrection du Sauveur, ni de SCS miracles. Mais si ces faits ne sont nulle part mentionnés, ils sont partout supposés; les vues de Jacques» si claires, si belles sur le pardon de Dieu et sur la miséricorde, n'auraient sans eux aucune signification. L'histoire évangélique est sans cesse invisible et présente dans cette épître. N'est-ce pas devant la croix, où la plus grande des douleurs a abouti an plus glorieux des triomphes, que Jacques a tracé les héroïques paroles par lesquelles il commence sa lettre : « Regardez comme le sujet d'une parfaite joie les diverses afflictions qui vous arrivent'. » Sa notion élargie et spiritualisée de la loi ne procède-t-elle pas des discours du Maître? L'objet de la foi, pour lui comme pour saint Paul, est Jésus-Christ, et il l'appelle le Seigneur de gloire-, reconnaissant ainsi sa haute dignité. Le devoir du chrétien est selon lui d'attendre le retour du Sauveur^. Devant de telles déclarations, il faut renoncer à faire de Jacques un adversaire de saint Paul. Sans doute, comparée à la doctrine du grand apôtre, la doctrine de Jacques est bien rudimeutaire. Rien n'est plus éloigné de la vigoureuse dialectique de l'auteur de l'épître aux Romains que ce langage sentencieux, qui laisse à chaque instant le fil du raisonnement se briser, ou qui le dé-

» Jacq. I, 1.

2 Tcj y:jz'.z'j r/jj.wv rf,; cdçr,:. (Jacq. II. 1.)

3 Vm: -r,z r.7.^vj-:'.J.z -yj •/.•js{c'j. fJacq. V, 7.)

Page 1