L'EVANGILE ACCOMPLISSEMENT DE LA PROPHETIE
frontières de la Judée, mais s'élcnd à ceux « qui n'étaient point autrefois le peuple de Dieu'. » Au sacerdoce spécial a succédé le sacerdoce universel et la royale sacrificature des chrétiens^. L'espérance de l'Eglise dépasse de beaucoup l'horizon théocratique. Elle ne se rapporte plus à un héritage terrestre comme le pays de Canaan, elle est devenue « l'espérance vive de posséder l'héritage qui ne se peut ni corrompre, ni flétrir, et qui est réservé dans les cieux pour nous^ » Si l'apôtre ne parle pas de la loi et de son rôle pédagogique, ce n'est pas, comme on l'a prétendu, par une sorte de calcul, dans la crainte de ranimer d'aigres discussions dans des Eglises divisées^. Ce silence tient uniquement à ce qu'il est beaucoup plus préoccupé des rapports que des différences des deux alliances.
Pierre ne se contente pas, comme Jacques, de quelques allusions à la personne de Jésus-Christ ; il n'a pourtant pas la richesse d'idées de saint Paul sur sa nature et son œuvre. Il ne remonte pas au delà du temps pour adorer le Fils éternel dans le sein du Père, bien que quelques théologiens aient vu un indice de sa préexistence dans un mot du premier chapitre^. 11 ne parle pas de son rôle dans la création. Il n'analyse pas davantage l'œuvre de la rédemption; il se contente d'exposer le fait sans entrer dans aucune explication pro-
1 1 Pierre II, 9, 10. — 2 i Pierre II, 5-7. —^ l Pierre I, 4.
* Reuss, II, 58G.
» Tb èv eauToT; r.'/iy^J.x Xp'.îTOJ. (1 Pierre I, 11.) On se demande si l'apôtre entend parler de l'accord de l'esprit prophétique avec l'Esprit de Jésus-Christ, ou bien de l'envoi de l'Esprit divin sous l'anciînne alliance par le Verbe éternel. (Voir Schmid, Biblisch. Theol.^ II, 184.)