‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 370 sur 613 · JÉSUS-CHRIST A PRÊCHÉ L'ÉVANGILE AUX MORTS · texte numérisé non relu

JÉSUS-CHRIST A PRÊCHÉ L'ÉVANGILE AUX MORTS

fonde. Ou n'est nullement en droit de dire qu'il rejette rinter{;r6lalion mystique de Puul; il ne l'exclut ni ne l'admet, il la laisse de côté. 11 se borne a affirmer « que Jésus-Christ a porté nos péchés sur le bois, et que nous sommes guéris par ses meurtrissures'. » Toutefois nous retrouvons chez lui, sous une forme plus populaire et moins dialectique, tous les éléments de la doctrine de Paul sur Jésus Christ. Pierre eu parle comme étant revêtu de la divinité ^. C'est par son précieux sang que les chrétiens sont rachetés « comme par celui de l'Agneau sans défaut et sans tache ^ » Sa résurrection a été pour eux un relèvement d'entre les morts '' . Tout en revient à lui dans le passé, dans le présent et dans l'avenir ^. Il n'est pas jusqu'au sombre séjour des morts qui n'ait ressenti les effets de sa puissance et de son amour. 11 a prêché aux esprits qui étaient en prison pendant le temps qui s'est écoulé entre sa mort et sa résurrection *'. L'apôtre nous ouvre ainsi une admirable perspective sur un côté mystérieux de l'œuvre de la rédemption. Jésus- Christ est présenté comme l'objet suprême de la foi.

> 1 Pierre II, 23, 24; HI, 15.

2 'Ir^joj XpiSTCj, (i) ès-lv •/) ocra y.ai to y.pâTo; si; toù; aïojva; Twv aiwvwv. (1 Pierre IV, 11.) « Auquel Jésus-Christ appartiennent la gloire et la force aux siècles des siècles. » (Gomp. Actes V^ 11.)

s 1 Pierre l, 19.

* 1 Pierre I, 3.

5 1 Pierre 1, 11; IV, 1; 1,4.

« ToT; èv ç'jAay.ïi TTvsu'j.x?'. TTopsuOel; èy.-/;p'j;sv. (1 Pierre III, 19, 20.) Il nous est impossible de donner un autre sens à ce passage. 11 est facile de comprendre quelle différence profonde sépare cette doctrine apostolique de l'idée d'un purgatoire. Il ne s'agit pas d'une purification par la souflrance, mais simplement d'une prédication do la rédemption à ceux qui n'ont pu cuimailre Jésus-Christ.

m PIERRE A SUBI L'INFLUENCE DE PAUL.

Pierre ne s'étend pas plus sur la nature de cette foi que sur la rédemption. Il affirme encore le fait sans l'expliquer ; mais la manière élevée dont il propose l'exemple du Sauveur ', et sa recommandation aux chrétiens de le porter et de le sanctifier dans leurs cœurs ^, nous prouvent qu'il n'entendait pas par la foi un simple acte de confiance en Dieu, mais qu'il la comprenait dans son sens le plus intime, c'est-à-dire comme une union réelle avec le Sauveur. Parlant à des chrétiens persécutés et exposés à de grandes souffrances, il les met sans cesse en présence de la croix, et s'il ne leur dit pas expressément d'achever les souffrances du Christ comme l'auteur de l'épître auxColossiens, toute son épître respire cette pensée ; qu'on relise, pour s'en convaincre, la fin sublime du chapitre IV**. Nous retrouvons enfin chez Pierre l'une des idées favorites de Paul, celle de l'élection et de la prescience de Dieu ^. Elle est étroitement liée à son point de vue dominant. C'est cette divine prescience qui a conçu dans son unité le plan du salut, et a déterminé ses réalisations successives depuis les premières prophéties de l'ancienne alliance jusqu'à sa consommation.

j\ous avons plus d'une fois reconnu dans le type doctrinal de Pierre la trace de la pensée de Paul. Aucun fuit de l'histoire de l'âge apostolique ne nous paraît plus compréhensible que l'influence exercée par le grand apôtre des Gentils. 3Iais si Pierre reproduit quelques traits de sa doctrine, c'est d'une manière originale et

' 1 Pierre II, 21 ; IV, 1, - - 1 Pierre III, 15. — ^ i Pierre I, 2 ; II, 9.

Page 1