‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 38 sur 613 · LES POURANAS · texte numérisé non relu

LES POURANAS

qui Taccablait, comme on se sert d'une épine pour en arracher une autre'. » L'épine est la vie matérielle, et Vischnou ne la revêt en apparence qu'afin de mieux la détruire. Ainsi, par un détour, le vischnouïsme revient à la sinistre conclusion du bouddhisme : la mort, le néant, tant cette conclusion du bouddhisme est fatalement amenée par toutes les idées religieuses de llnde. En vain la nature étale ses plus grandes magnificences : son éclatante beauté est un voile trompeur. Le sectateur de Brahma, de Vischnou ou de Bouddha l'a percé d'un regard impitoyable et a vu tout ce qu'il cache de perdition. On ne saurait mieux peindre sa haine sombre de la vie qu'en citant la plus poétique des allégories du Bhngavat Pouranas, qui reproduit avec un art admirable les enchantements de la forêt indienne, image brillante delà vie humaine, mais pleine des tristes symboles qui rappellent ses malédictions : « Conduite sur une route diflBciie par l'illusion, la caravane des âmes s'égare dans la forêt de l'existence, avide de bonheur, mais ne l'y trouvant pas. Les cinq brigands (les sens) la pillent; égaré dans le bois fourré de lianes, d'herbes et de buissons, le voyageur court emporté par ses désirs. Tourmenté par le cri des grillons invisibles qui déchire ses oreilles et par la voix des chouettes qui agite son cœur, il s'arrête, rongé par la faim, auprès des arbres vénéneux, ou se précipite vers l'eau qui lui montre un mirage. Tantôt, voulant gravir une montagne il marche a travers les épines et les pierres et

J Liv. l,c. XV.

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