‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 477 sur 613 · PUISSANCE DE LA SAINTETÉ DES PREMIERS CHRETIENS · texte numérisé non relu

PUISSANCE DE LA SAINTETÉ DES PREMIERS CHRETIENS

gré ces imperfections, sur lesquelles leurs conducteurs et leurs fondateurs étaient appelés à insister beaucoup plus que sur la piété des croyants, le christianisme de cette époque a toute la beauté d'une création de Dieu encore nouvelle, qui n'a pas eu le temps d'être altérée par les hommes. Le monde, comme dit Bossuet, crut à la sainteté en voyant des saints. Et quels saints ne lui fut-il pas donné de voir dans cette période de Tâge apostolique ? La figure de saint Paul s'en détache, austère, ardente, consumée par le zèle, noblement flétrie par la persécution, comme pour montrera tous les regards ce que la nature humaine trouve de puissance et de beauté morale dans son union avec Jésus-Christ. Le grand apôtre a été avant tout un grand saint, et on peut même ajouter un grand mystique, en prenant le mot dans sa meilleure acception, par l'intimité de sa piété et la profondeur de son amour pour le Christ. Dans le domaine de la vie chrétienne, comme dans celui de l'activité missionnaire, dans l'enseignement comme dans la direction des Eglises, sa trace est plus profondément marquée que celle d'aucun autre, et il demeure le premier des apôtres, précisément parce qu'il a consenti à être le dernier. Ecoutons-le nous dire lui-même ce qui] a souffert pour Jésus-Christ avec la sainte hardiesse de son humilité : «Sont-ils ministres de Christ? dit-il en parlant des faux docteurs de Corinthe (je parle en imprudent), je le suis plus qu'eux ; j'ai souffert plus de travaux qu'eux, plus de blessures, plus de prisons; j'ai été plusieurs fois en danger de mort... J'ai été souvent en voyage, j'ai été en danger sur les rivières, en danger de la part des vo-

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