‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 476 sur 613 · RAPPORT DES CHRETIENS AVEC LE MONDE · texte numérisé non relu

RAPPORT DES CHRETIENS AVEC LE MONDE

Deux tendances s'étaient manifestées parmi les chrétiens d'alors. Les uns, étroits et timorés, se faisaient scrupule de manger des Yiandes qui avaient été sacrifiées aux idoles; les autres, doués d'un esprit large, sous prétexte que l'idole n'est rien en réalité, pensaient qu'il était permis de manger de tout ce qui se vend au marché. Paul donne raison, en principe, à cette seconde tendance ' ; mais il demande à ceux qui s'y rattachent des ménagements infinis, le respect de la conscience des faibles et cette charité élevée et délicate qui sait sacrifier son droit pour ne pas blesser un frère timoré, et ne pas courir le risque de perdre une âme pour une viande-.

Les Eglises, entourées de toutes les séductions du paganisme, devaient déployer une vigilance constante. Les lettres de Paul nous montrent d'étranges réactions de la corruption païenne parmi ces nouveaux chrétiens, et une facilité dangereuse à retomber dans les infamies de la débauche, comme le prouvent ses fréquents avertissements contre les péchés de la chair ^. Bien d'autres taches apparaissent dans le tableau du christianisme primitif, qui nous est tracé par les apôtres. Nous les avons fait ressortir avec franchise, quand nous avons présenté l'histoire des diverses Eglises. Les schismes, les hérésies, l'orgueil de la richesse, l'entraînement à la volupté, tous ces désordres que nous avons relevés nous | apprennent que les Eglises du premier siècle, pas plus J qu'aucune autre, n'étaient des Eglises pures. Mais mal- l

' 1 Cor. X, 23. - 2 1 Cor. VIII, 10-13. - » 1 Cor. VI, 15-20; Coloss. | III, 5-9. "

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