TYHANNIE ROMAINE EN JUDÉE
naturelle entre les deux nations, fondée peut-être sur une certaine similitude dans Topiniâtreté invincible des résolutions. Les Juifs n'avaient ni la mollesse asiatique, ni la souplesse hellénique pour subir la domination étrangère. Ils avaient autant de persévérance dans la résistance que Rome en déployait dans la conquête. Leur patriotisme puisait dans leurs idées religieuses une exaltation extraordinaire. Leurs croyances, devenues toutes terrestres et étroitement liées à leur orgueil national, bien loin de leur inspirer la patience et la résignation, entretenaient la rébellion dans leur cœur. Il faut aussi reconnaître que la domination romaine ne se montrera à eux que par ses plus mauvais côtés. Ils eurent une suite de gouverneurs qui étaient de véritables brigands; il semble que la Judée fût considérée comme une province de rebut et jetée en proie à des hommes perdus de dettes et de vices, qui n'avaient d'autre but que d'exploiter un peuple méprisé. La politique romaine, si sage d'habitude, qui s'attachait à ménageries coutumes et la foi religieuse des nations vaincues, avait été complètement abandonnée en Judée. Félix et Festus s'étaient livrés à tous les caprices et à toutes les violences de la tyrannie; leurs successeurs avaient trouvé le nioyen de les faire regretter. Albinus, qui avait remplacé Festus. avait fait de l'administration de la justice un abominable trafic, vendant l'impunité aux criminels les plus dangereux. «Il n'est, ditJosèphe, aucune espèce de mal qu'il ait laissée de côté'.» Gessius Florus le surpassa. «Il
1 Où/, hv. ce r^vTiva •/.ay.cjpY-'^Ç t'oéav r^apiXir^^'f . (Josèphe;, Bell, jnd,. \\, XIV, 1.