THÉODORET
vérité qui étaient renfermées dans les anciennes religions et les anciennes pliiiosophies, et tout en admettant une certaine influence du judaïsme sur la Grèce, ils pensaient aussi que Vàme humaine avait pu pressentir le bien précieux qu'elle ne pouvait se procurer par ellemême.
Théodoret, dans son curieux ouvrage apologétique, exposait plus tard le même point de vue avec autant de grâce que de netteté '. « Obéissez, dit-il en s'adressanl « aux Grecs; obéissez à vos propres philosophes; ils « peuvent être vos initiateurs, car ils annoncent « d'avance nos doctrines-. » Il est vrai que Théodoret ajoute que « ces philosophes sont semblables aux « oiseaux qui écoutent le langage humain sans en com- « prendre le sens. Ce n'est pas à dire toutefois qu'ils « soient dépourvus de toute lumière divine. La nature « humaine a dans ses profondeurs des caractères gravés « par la main de Dieu ^. Le divin Créateur n'a pas per- « mis qu'ils fussent totalement effacés, et il les a ravivés « en quelque sorte chez les meilleurs d'entre les païens. « Si la race d'Abraham a reçu la loi divine et la grâce « de la prophétie, le Dieu de l'univers conduisait les « autres nations à la piété par la révélation naturelle et « la vue de la création \ Si la pluie du ciel arrose de
* Théodoret, episcop. Cyri. Grœcorum affectionum Cvratio, tome IV (les Œuvres. Edit. de Paris, MDCVIII.
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