LES TRADITIONALISTES
n préférence les champs cultivés, néanmoins Dieu, dans > l'abondance de sa libéralité, la fait aussi tomber dans les solitudes et sur les monts déserts. De même en " est-il du don de la vérité; accordé tout d'abord au « peuple élu, il est répandu dans une certaine mesure
• sur les autres peuples, comme la pluie arrose les so-
• litudcs '. ••
La plupart des Pères de TEglise ont professé, à l'éîïard du paganisme, des vues bien différentes de Técole d'Alexandrie et d'Antioche. Ils se contentaient d'attribuer au démon l'invention de ces mythes, objet de leur légitime aversion, comme aussi les prétendus miracles des divinités païennes; ou bien ils se rabattaient avec empressement sur les explications d'Evhémère. Les apologistes modernes se sont divisés en deux camps ; les uns , pour mieux relever la révélation donnée auK Juifs, se sont attachés à charger le tableau du paganisme antique de couleurs tellement sombres qu'on n'y vit pas paraître un seul point lumineux, et qu'il fut reconnu qu'en dehors de la Judée il n'y avait pas une étincelle de vie divine. En face d'eux l'école traditionaliste, représentée avec éclat, sous la restauration, par Bonald et Lamennais, prétendait retrouver la religion primitive de Ihumanité sous les mythes impurs de l'Orient et de la Grèce. Cette religion , communiquée par révélation à Ihomme dès le premier jour, se serait conservée en substance chez tous les peuples, et c'est à la tradition seule qu'il faut attribuer tout ce qu'il y a
' "Or -i ïzi'J.zjz 0 'ji-iz. P. 484.