‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 504 sur 613 · PLAN DU LIVRE · texte numérisé non relu

PLAN DU LIVRE

du trône les paîtra et les conduira aux sources d'eaux vives, et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux * . » Mais l'auteur sacré ne se contente pas d'annoncer la souffrance et le triomphe de l'Eglise d'une manîère générale. Plus il avance dans sa peinture de la lutte entre le christianisme et l' antichristianisme, plus ses traits sont précis, bien qu'il se serve d'un symbolisme grandiose, parfois étrange et toujours infiniment diversifié. De même que l'ancienne prophétie s'était soumise aux conditions du rhy thme et avait plié ses inspirations les plus fougueuses aux règles de la poésie hébraïque, de même le prophète du Nouveau Testament a disposé ses matériaux si abondants dans «ne savante ordonnance. L'Apocalypse a aussi son rhythme, en prenant le mot dans sa large acception. Les sept trompettes suivent les sept sceaux, et ces derniers sont suivis par les sept coupes. Dans les trois cycles de révélations, il y a toujours une suspension après le sixième chaînon de la série, pour préparer le dernier chaînon, destiné lui-même à introduire une série nouvelle *. Cette série n'est pas immédiatement introduite. Le prophète se recueille ou bien s'oriente en quelque sorte dans l'histoire du monde et de l'Eglise ^ Après les trois séries destinées à annoncer

1 Apoc. VU, 13, 17.

2 Ainsi après le sixième sceau il y a un entr'acte, pendant lequel les élus nous sont montrés entourant le trône de Dieu (Apoc. VIIl). Après la sixième trompette, nous avons l'épisode du livre amer et doux et du temple mesuré (Apoc. X, XI). Enfin, après la sixième coupe on entend l'avertissement solennel: « Voici, je viens comme un voleur » (XVI;, 15). Voir Lucke, Offenbarung, 409-411.

3 Voir Apoc. VIII, 1; voir aussi ch. XII. Du ch. XII au oh. XVI, après les sept trompettes et avant les sept coupes, l'écrivain sacré décrit avec détail les ennemis de l'Es-lise.

3 1 li IL REPRODUIT LE PLAN DES PROPHÉTIES DE JÉSUS-CHRIST.

des fléaux identiques, nous avons îa peinture de la lutte suprême qui se divise elle-même en trois actes : 1° La mine de Babvlone' ; 2" le combat entre l'Antéchrist et Satan, terminé par le règne du Christ sur les siens*; 3° la dernière lutte et le dernier triomphe, la nouvelle terre et les nouveaux cieux'. Tel est le plan de l'Apocalypse. Nous y trouvons la même gradation que dans la prophétie de Jésus-Christ sur les derniers temps"*. Ainsi les fléaux et les convulsions de la nature qui doivent précéder le jugement final, la guerre, la famine, la peste, les tremblements de terre, le soleil obscurci, les étoiles tombant, l'épouvante universelle, tous ces châtiments présentés en quelques traits rapides parle 3Iaître, sont développés en symboles hardis par le disciple inspiré. Le terrible cavalier monté sur un cheval roux pour bannir la paix de la terre, qui sort du premier sceau, figure la guerre, comme l'homme qui a une balance à la main, monté sur un cheval noir, figure la famine. Les tremblements de terre et l'obscurcissement du ciel, sont annoncés par l'ouverture du sixième sceau.

Les premières trompettes et les premières coupes annoncent le même ordre de jugements et se rapportent également au commencement de la prophétie du premier évangile. Jésus-Christ, après avoir prédit les fléaux et les jugements de Dieu dans la nature, avait annoncé ses jugements dans l'histoire, et tout d'abord la ruine de Jérusalem. Saint Jean, qui écrivait après la destruction du temple, annonce un autre jugement de

1 Apoc. XVUI, XIX. - 2 Apoc. XX, 1-6.

2 Ai.(jc. XX, 11 ; XXn.— * MaUh. XXIV, 5.

PRÉDICTION DE LA RUINi: DK ROME. 317

Dieu. Il ne s'agit plus de Jérusalem, mais de Rome, la Babylone impure et sanglante, qui incarnait à cette époque le génie du mal. Quelle admirable peinture nous trace le prophète évaugélique de ce paganisme diabolique désigné tantôt comme la bête à sept têtes et à dix cornes, dont la bouche s'ouvre pour blasphémer contre Dieu, tantôt comme la grande prostituée vêtue de pourpre et d'écarlate, enivrant les habitants de la terre du vin de ses impudicités, enivrée elle-même du sang des martyrs du Christ, sortie de l'abîme et allant à la perdition î Quelle impression ne devait pas produire ce cri prophétique poussé en présence du colosse romain encore debout dans l'orgueil de sa toute-puissance : « Elle est tombée, elle est tombée, la grande Eabylone. 0 ciel! réjouis-toi à cause d'elle ; et vous, saints, apôtres et prophètes, réjouissez-vous; car Dieu a exercé ses jugements sur elle à cause de vous !

« Alors un ange puissant prit une pierre grande comme une meule et la jeta dans la mer en disant : C'est ainsi que Babylone, cette grande ville, sera précipitée avec violence, et on ne la trouvera plus. Et la voix des joueurs de harpe, des musiciens, des joueurs de flûte et des trompettes ne sera plus entendue au milieu de toi... parce que toutes les nations ont été séduites par tes empoisonnements, et que c'est dans cette ville que le sang des prophètes et des saints, et de tous ceux qui ont été mis à mort sur la terre a été trouvé ' . »

« Apoc. XVIII, 20-24.

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