PREMIER TRIOMPHE DE L'ÉGLISE. LA FIN
L'Apocalypse distingue deux périodes dans ce triomphe final du christiauisme sur l'antichristianisrae. Elle annonce un premier triomphe amené par l'intervention directe et visible du Sauveur, prenant en main la cause des siens et établissant avec éclat le règne de son Eglise sur la terre \ Après cette période, l'ancien adversaire de Dieu parviendra encore une fois à soulever une partie de l'humanité, mais cette tentative sera son dernier effort. Le drame de l'histoire se termine par sa condamnation et par le jugement solennel des enfants des hommes auquel préside celui qu'ils ont crucifié et qui reparaît dans tout l'éclat de sa puissance. Puis vient la consommation, et alors commence, pour ne plus finir, ce bonheur des élus célébré par saint Jean dans la langue du ciel'.
«t 11 n'y aura plus là d'anathème ; mais Dieu et l'Agneau y auront leur trône, et ses serviteurs le serviront.
« Ils verront sa face, et son nom sera écrit sur leurs fronts.
« Il n'y aura plus là de nuit, et ils n'auront point be-
1 L'idée d'un millénium, précédé d'une première résurrection^ semble ressortir du ch. XX de l'Apocalypse; mais n'oublions pas le caractère symbolique du livre. Le triomphe éclatant de l'Eglise est par lui-même un jugement du monde. Le monde est jugé par les saints qu'il a immolés; leur victoire est sa condamnation. L'auteur de l'Apocalypse, en nous les montrant ressuscitant et s'asseyant sur des trônes, emploie une image analogue à celle dont il s'est servi pour peindre le triomphe des deux témoins, types des témoins fidèles dans l'Eglise (Apoc. XI;, 11). Remarquons qu'à la fin du ch. XX, v. 12-15, il est parlé d'une résurrection générale des morts où tous sont jugés selon leurs œuvres. Donc il y avait encore lieu au jugement, et les chrétiens destinés au salut n'étaient pas encore ressuscites.
2 Voir les chapiires XXI et XXII de l'Apocalypse. •