‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 535 sur 613 · CÉLÉBRATION DES FÊTES. LE DIMANCHE. LA PAQUE · texte numérisé non relu

CÉLÉBRATION DES FÊTES. LE DIMANCHE. LA PAQUE

le 14 de nizan. Les Eglises d'Occident, au contraire, faisaient toujours coïncider la Pàque avec un dimanche * . Cette différence de pratiques suscita au siècle suivant une violente discussion dont nous suivrons les phases. Au premier siècle, la paix de l'Eglise n'était pas troublée pour si peu. Ce serait à tort que l'on verrait une concession au judaïsme dans le fait que saint Jean avait choisi le 14 de nizan pour déterminer la date de la grande fête chrétienne. L'apôtre reconnaissait en Jésus- Christ le véritable Agneau pascal substitué à l'agneau prophétique, comme la réalité au type. En célébrant l'anniversaire de la mort rédemptrice ce jour même, il proclamait l'abrogation de l'ancienne alliance. 11 est d'ailleurs prouvé que cette célébration n'avait aucun caractère judaïque et qu'elle était en tout point conforme à l'esprit du culte chrétien -.

Avec saint Jean le siècle apostolique est terminé.

La révélation se présente à nous dans sa richesse, dans son inépuisable fécondité, dans sa variété infinie et son unité puissante. Les divers types de la doctrine apostolique se sont succédé et complétés. Mais il n'est pas un de ces éléments que l'Eglise ne doive s'assimiler, et son histoire ne sera désormais qu'une appropriation progressive du Christ véritable, de celui dont le premier siècle lui a fidèlement conservé les traits divins.

1 Eusèbe, Hist. eccL, V, 23.

2 Hippolyte dit des quatordécimoniens qui au deuxième siècle suivaient, pour la célébration de la Pàque, la pratique de Jean, que sur tout le reste ils étaient d'accord avec l'Eglise (èv toTç s-épsiç ^'ji^.^wv^jîjs'.). [Philos., 275,) Cela prouve que l'on pouvait observer le 14 de nizan sans être judaisant.

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