TRAJAN PERSECUTEUR
trait, rapproché de ce qui s'était passé à Ephèse du temps de saint Paul, nous explique l'inimitié de toute une partie de la population contre les chrétiens. Tous ceux qui vivaient de l'autel devaient les maudire comme compromettant gravement leurs intérêts. On peut attribuer en grande partie à de tels motifs les soulèvements populaires contre l'Eglise qui sont mentionnés par Eusèbe *.
Le prince qui gouvernait alors l'empire n'était pas un de ces tyrans faibles et violents, qui ne savent que flatter complaisarament les passions de la multitude, serviteurs terribles de ses colères ou de ses plaisirs. Ce n'était ni un Néron, ni un Domitien. Trajan était un homme d'un esprit élevé, adepte de la philosophie philanthropique de son temps, ami des Tacite et des Pline; c'était aussi un général illustre et un politique consommé. Il se laissait guider par la raison d'Etat; mais celle-ci, comme nous l'avons vu, devait l'incliner à la persécution. S'étant donné la mission de restaurer la société romaine, il était grand protecteur du paganisme, et Pline le loue dans son Panégyrique de sa piété. Mieux que personne, le proconsul philosophe savait ce que valait en réalité cette piété toute gouvernementale. Confident de son maître, il connaissait par lui-même l'incrédulité dédaigneuse que cachait cette apparente dévotion; mais il était d'autant plus nécessaire, au point de
sed vicos etiam superstitionis istius contagio pervagata est. Proi;e jam désolata tempia. » (Pline, liv. X, ép. xcvi.)
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