‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 541 sur 613 · PROGRÈS DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE L'ÉGLISE

môme, n'est que de Fathéisme. Rappelons enfin que le plus grand crime delà religion nouvelle est sa sainteté, coudaninalion muette mais sévère de toutes les infamies qui l'entourent. Objet de l'animadvcrsion publique, source continuelle d'inquiétude pour la politique impériale, elle a contre elle les passions du peuple, comme les calculs de la sagesse gouvernementale ; et les empereurs, soit pour flatter la plèbe, soit pour exécuter leurs plans, sont amenés à lui faire une guerre d'extermination.

Après avoir joui d'une paix passagère sous Nerva, l'Eglise fut de nouveau persécutée sous Trajan. Comme sous les règnes précédents, la persécution fut provoquée par des émeutes. Dans plusieurs villes, la populace se souleva contre les chrétiens, demandant a grands cris leur mort. Le christianisme avait fait de notables progrès pendant les années précédentes, en particulier dans les provinces de l'Asie Mineure, où dans la décadence universelle des anciens cultes et dans l'inquiétude passionnée des esprits, il suffisait de quelques circonstances favorables pour précipiter des foules dans l'Eglise. D'après le témoignage de Pline, tous les âges, tous les rangs avaient fourni leur contingent. « La superstition, disait avec effroi le proconsul romain, avait passé des villes dans les campagnes comme une contagion semée en tout lieu par le vent. Les temples étaient abandonnés, et dans beaucoup d'endroits, les cérémonies sacrées avaient été interrompues. On n'achetait plus de victimes pour sacrifier aux dieux *. » Ce dernier

1 a Multi ornnis actatis, omnis ordinis. Neque enim civitates lantiini

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