G I.E CHRISTIANISME DÉCLARÉ RELIGION ILLICITE
hésilatiou. Quiconque est convaincu de s'y être rattaché et refuse de sacrifier aux dieux, doit être mis à mort '. II n'était pas possible de prononcer plus nettement la condamnation de la religion nouvelle. Plus l'empereur montre de douceur pour les personnes, plus il est évident que c'est le christianisme, et le christianisme seul qui est mis hors la loi. Les chrétiens s'y trompèrent tout les premiers. En comparant la modération de Trajan à la cruauté de ses prédécesseurs et de quelques-uns de ses successeurs, ils se refusèrent à lui donner le nom de persécuteur. Ni Tertullien, ni Méliton, ne le rangent parmi les ennemis de l'Eglise. L'illusion était étrange; la lettre de Trajan, en régularisant et légalisant la persécution, la rendait permanente. D'ailleurs, la modération de l'empereur ne devait pas lui survivre, tandis que son décret était une arme terrible, incessamment tournée contre l'Eglise, et qui ne serait pas longtemps maniée par un Trajan ou un Pline.
La lettre de ce dernier nous apprend comment on procédait dans ces premières persécutions. Les chrétiens déférés au tribunal du proconsul, soit par suite de dénonciations, soit pour une autre cause, étaient interrogés, et une fois convaincus d'appartenir à la secte, ils étaient placés sous le coup du dernier supplice'. On les conduisait devant les statues des dieux; l'image de l'empereur était apportée. On les pressait de les adorer, de brûler de l'encens en leur honneur et de faire les
1 « Si deferantur et arguantur,puniendi sunt. » (Pline, liv. X, ép. lxxvii.) ' « Confilentes iterum ac tertio iiiterroijavi, supplicium minatus. » [Epist., liv. X, ép. xcvi.)