ADRIEN SUIT LA POLITIQUE DE TRAJAN
libations sacrées en prononçant des malédictions contre le Christ ^ L'invasion du christianisme extérieur et nominal dans l'Eglise, dès le temps de saint Jean, nous explique qu'un certain nombre de ces accusés se laissassent entraîner à l'apostasie; au moins ne calomniaientils pas la religion qu'ils abandonnaient. Contraints par la puissance de la vérité, ils lui rendaient le plus beau témoignage. D'autres demeurèrent inébranlables, et ceux-là payèrent leur fidélité de leur sang-.
La politique de Trajan à l'égard des chrétiens fut continuée par son successeur Adrien. On eût pu craindre que l'attachement passionné de cet empereur pour les anciennes coutumes n'amenât une persécution générale contre l'Eglise. Il y avait d'autant plus lieu de le redouter que dans les contrées où le christianisme était implanté depuis longtemps, comme en Asie Mineure, les ennemis des chrétiens étaient nombreux et ardents, et déployaient pour les perdre autant de perfidie que de violence; tantôt les poursuivant de délations anonymes, tantôt soulevant des émeutes afin de forcer la main aux magistrats ^ L'empereur, dans un de ses voyages en Grèce, s'étant fait initier aux mystères d'Eleusis, les chrétiens virent une menace dans ce nouveau gage donné aux superstitions païennes'*.
» M Cum, prœeunte me, deos appellarent et imagini tuae thure ac vino supplicarent, praeterea maledicerent Christo. »
* « Persévérantes duci justi. » (Idem.)
' Voir la lettre d'Adrien à Minucius Fondanus, proconsul d'Asie Mineure : « Precibus et acclamationibus uti non permitto. » (Gieseler, I, 172 Eusebe, //. E., IV, 8.)
* Saint Jérôme, De vins illmlrib., c. XIX.