‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 71 sur 613 · LES SOPHISTES · texte numérisé non relu

LES SOPHISTES

toute chose ^ Telle était la doctrine des Protai^cras et des Gorgias; ils cherchaient à l'établir par une dialectique subtile et délétère qui détruisait toute évidence rationnelle et morale. Ces sophistes étaient en même temps de grands rhéteurs; ils inauguraient le règne de la fausse élégance. Comme tout à leurs yeux n'était que vainc apparence, ils ne visaient qu'à l'effet, à la pompe, à l'harmonie du langage. Ils se plaisaient, comme nous l'apprend Cicéron, à plaider le pour et le contre avec une force égale dans une même cause -. On comprend quelle fatale influence ils exerçaient sur la jeunesse; ils altéraient chez elle ou détruisaient le sens moral. Ils ne détruisaient pas moins sûrement le sens religieux, car les sophistes étaient renommés par leur athéisme; ils soufflaient l'impiété aux jeunes gens. Us sapaient ainsi toutes les bases de l'Etat et inspiraient un légitime effroi, non-seulement aux hommes religieux, mais encore à ceux qui étaient préoccupés du bien de la république. Aussi la philosophie fut discréditée pour longtemps par leur faute, et celui-là même qui la releva mourut victime de l'impopularité que ses plus mortels ennemis avaient soulevée contre elle. Il fallut sa vie et sa mort pour la rétablir dans l'estime de la Grèce. Aucune mission n'était plus haute, et ce fut celle de Socrate. Quant à nous, nous n'hésitons pas à dire qu'il fut un grand serviteur de ce Dieu qu'il ne fit qu'entrevoir, mais dont il accomplit la volonté dans la mesure de la

< IlavTor,» /p-/;ixaTO)v [xsTpov àvOpoJTroç. Ritter et Preller, 132. * « Qnod judicavil Gorgias hoc oratoris esse maxime proprium rem augere posse laudando vitu()erandoque, rursus affligere. » Brutus, c. 12.

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