‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 70 sur 613 · IV) L'ATOMISME · texte numérisé non relu

IV) L'ATOMISME

est pas sorti c'est que la sérénité hellénique contrebalançait efficacement ce sombre esprit oriental.

L'idéalisme outré de l'école d'Elée amène une réaction violente dont Démocrite est l'organe. Parraénide avait nié le mouvement et la pluralité. Démocrite lui répond en niant le monde supérieur, le monde de l'esprit et de l'unité. Pour lui il n'y a plus que des atomes emportés dans un tourbillon éternel, qui les mêle et les sépare au hasard ' . Il n'y a point de principe premier, point de Dieu, point de morale. Aux excès idéalistes dt'S philosophes d'Elée, il oppose un matérialisme non moins absolu. Ballotté entre ces deux tendances également outrées, convaincu tour à tour par chacune d'elles des erreurs de l'école opposée, l'esprit grec, tourné d'ailleurs au scepticisme par sa subtilité native, s'y abandonne sans réserve vers la fin de cette période. Alors parurent ces dangereux sophistes qui faisaient de la philosophie un jeu, et qui. trafiquant des plus nobles préoccupations de l'esprit humain, les exploitaient au profit de leur intérêt ou de leur vanité. Heurtant les unes contre les autres les solutions contradictoires proposées par les diverses écoles sur le problème ontologique, réfutant Parménide par Démocrite et Démocrite par Parménide, ils concluaient de toutes ces discussions que l'homme ne peut arriver à la vérité, ou plutôt qu'il n'y a pas de vérité fixe, absolue; que sur toute question deux réponses également plausibles sont possibles, et qu'en définitive notre pensée mobile est la mesure de

' 'Aei y.'.vîî:;Oa'. tx 7:pîi>~x îWfxa-ra. Ritter et Preller, 46.

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