‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 86 sur 613 · LE BEAU EST LA RESSEMBLANCE A DIEU · texte numérisé non relu

LE BEAU EST LA RESSEMBLANCE A DIEU

le souvenir du monde supérieur que nous habitâmes, si toutefois nous n'avons pas complètement lâché les rênes au coursier farouche et indompté qui, dans la symbolique platonicienne, représente la vie matérielle. L'homme qui est encore plein du souvenir des saints mjstères est reporté, par la beauté imparfaite qu'il rencontre sur la terre, vers cette beauté parfaite qu'il contempla autrefois; son <1me recouvre les ailes qui la portaient jadis dans les sereines régions des essences. Détaché des soins terrestres et ne s'occupant que de ce qui est divin, il est blâmé par la multitude qui le traite d'insensé et qui ne voit pas qu'il est inspiré *. Le beau, splendeur du vrai, rayonnement de Dieu, et qui, tout altéré et fragmentaire qu'il soit sur la terre, rappelle la beauté souveraine, ne doit pas être simplement l'objet de notre admiration. Le philosophe n'est pas appelé à une stérile contemplation. Il doit réaliser le bien, et toute la morale de Platon est destinée à nous apprendre comment il peut y parvenir. Nous connaissons déjà la nature du bien véritable; le bien véritable c'est Dieu. Pratiquer le bien, c'est ressembler à Dieu. Mais Dieu c'est l'être un et absolu. Le mal, comme nous l'avons vu, est identifié à la contingence, à la diversité, à la vie matérielle. Ressembler à Dieu, c'est donc aspirer à l'unité et fuir la contingence -; c'est répudier, autant qu'on le peut, tout ce qui tient à la contingence; c'est fuir la diversité, la combattre partout, en soi comme hors de soi.

« Phèdre, c. XXIX.

' <I>UY''Î 3^ b^LoiiiiCiq 6î(o v.a~x to Suvaxbv. Théét., c. XXV.

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