DECHEANCE DE L'HOMME
d'un optimisme superficiel. iNotre condition actuelle lui paraît une dccliéance et un châtiment. « Autrefois, dit-il, dans la vie antérieure, notre âme a contemplé les essences. Sa beauté rayonnait dans tout sou éclat lorsque, mêlés au chœur céleste, nous marchions à la suite de Jupiter, comme les autres êtres à la suite de quelque autre dieu; lorsque, jouissant d'une vue et d'un spectacle ravissants, nous étions initiés aux mystères qu'on peut appeler des bienheureux, et que nous célébrions, exempts des imperfections et des maux qui nous attendaient dans la mort; quand, parvenus au plus haut degré d'initiation, nous admirions ces objets parfaits, et que nous les contemplions dans une lumière pure, purs nous-mêmes, et libres du tombeau appelé le corps. Que l'on pardonne ces longueurs, ajoute Platon, au regret qu'inspire le souvenir des spectacles dont nous jouissions alors'. Cette vie bienheureuse a été perdue par notre faute. » Entraînée par des influences dangereuses, notre âme a oublié les choses sacrées qu'elle avait contemplées. Nous ressemblons actuellement à ces captifs qui nous sont si poétiquement représentés dans le septième livre de la République, enchaînés dans la caverne qui leur sert de prison, le dos tourné à la lumière et ne voyant, par conséquent, que les ombres des objets qui passent derrière eux sans qu'ils puissent jamais les voir eux-mêmes. Cependant ces ombres pâles et fugitives suffisent pour réveiller en nous
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