‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 9 sur 613 · BUT DE L'HISTOIRE DES RELIGIONS · texte numérisé non relu

BUT DE L'HISTOIRE DES RELIGIONS

dont il dépend. Il ne se contente pas de se livrer aux jouissances de la vie matérielle; il ne s'y abandonne avec quelque sécurité que quand il l'a divinisée. C-tte divinisation est abominable sans doute, mais elle démontre tout ce que le besoin d'un Dieu a d'invincible chez lui, puisque plutûl que d'en faire abstraction, il transporte les attributs de Ja divinité à la matière. Mais il n'en peut rester là; son désir religieux est inassouvi; il l'éprouve plus ardent après chaque déception. Il parcourt ainsi toute la série des religions de la nature, sans jamais atteindre le monde de l'esprit. Enfin il s'élève d'un degré, et crée une religion dont les divinités lui sont semblables. Cette divinisation de l'humanité le conduit sur les limites du monde supérieur; ce qu'il adore, sans être Dieu, s'en rapproche bien plus que la nature. L'idée morale s'empare de lui; il entrevoit la Divinité véritable, il pressent une union plus sainte avec elle. Eu retraçant cette évolution des anciennes religions, nous retracerons le côté de l'œuvre de préparation qui a consisté à rendre le désir du salut plus précis, à le dégager d'un panthéisme voluptueux et à le pénétrer de l'élément moral. Mais cet élément moral est destructeur de tout ce qui l'a précédé. Dès qu'il s'empare de la conscience de l'homme, il rend le paganisme impossible. Chose étrange! celui-ci s'ensevelit dans ce qui paraissait son triomphe; dès qu'il a atteint sa forme supérieure, il ne peut durer. L'édifice religieux de l'ancien monde s'écroule par le faite; quelque brillants et habiles que soient les essais de reconstruction, la ruine est irrémédiable. Le paganisme antique met

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plusieurs siècles à s'affaisser complètement. Tous ses dieux sout rassemblés un moment dans le Pautlu on romain; mais c'est pour mourir ensemble sous les malédictions et les railleries de riuimanité, lasse et dégoûtée de ses idoles, et faisant enfin monter vers le ciel, du sein de ces impurs débris, une prière confuse mais puissante de douleur \ers le Dieu inconnu. Peindre cette décadence du paganisme après avoir peint ses progrès, ce sera rappeler le second côté de l'œuvre de préparation, celui qui était destiné à convaincre l'homme de son impuissance religieuse. Ce tableau de l'ancien monde sera nécessairement abrégé, car il doit se renfermer dans le cadre d'une introduction. !>'ous n'oublierons pas qu'il ne faut pas le chercher seulement dans ses croyances religieuses, mais aussi dans le travail de la pensée philosophique partout où il a existé, dans les œuvres de l'art et dans la vie nationale des divers peuples.

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