‹ Histoire des trois premiers siécles de l'église ChrétienneChapitre 8 sur 613 · RUT DE L'HISTOIRE DES RELIGIONS · texte numérisé non relu

RUT DE L'HISTOIRE DES RELIGIONS

voulait le sauver; si sa nature avait été pervertie à fond, nul rapprochement n'eût été à espérer; il n'eût pas eu la capacité de recevoir le don qui lui était destiné et qui n'était rien moins que le don de Dieu lui-même, seule réparation de la chute pour un être créé à son image et fait pour le posséder. Aussi, dès que le salut eut été décidé par la souveraine liberté de celui qui est le souverain amour, l'homme fut soumis à une lente éducation, afin d'être préparé à recevoir ce don inestimable, et tout d'abord à le désirer. Toute l'œuvre de préparation devait donc consister à développer le désir du salut, qui n'était autre que le désir de retrouver Dieu. Mais le cœur de l'homme ne se pétrit pas comme de l'argile , la liberté implique chez lui la possibilité de retarder l'esécution des plans divins; aussi cette préparation se poursuit, non comme une ligne inflexiblement droite, mais comme une ligne incessamment brisée; des chutes épouvantables viennent l'entraver; il y a des retards qui comprennent des siècles. ?»'éanmoins l'œuvre est toujours reprise, car c'est l'œuvre d'un amour infini, dont la patience est infatigable parce qu'il est éternel. Toute l'histoire de l'humanité gravite autour de cette grande pensée du salut, qui en est le pôle souvent caché, mais toujours présent.

L'humanité avant Jésus-Christ se partage eu deux catégories; une minorité privilégiée est placée sous la direction immédiate de Dieu, c'est la théocratie juive. Nous dirons plus tard comment ce privilège était en réalité dans l'intérêt de la race entière. La grande masse des hommes n'est abandonnée du ciel qu'en apparence.

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II faut se garder de croire que la révélation historique, soit le seul mode d'action de Dieu sur l'âme humaine. Il exerce sur elle une action directe et invisible qui est universelle. Les peuples païens n'y ont pas échappé. L'Esprit divin a plané sur ces eaux souillées d'où devait sortir plus tard un monde nouveau; ii n'a cessé d'y déposer les germes de la vie supérieure. La préparation au salut n'a pas consisté pour ces peuples, comme pour Israël, dans une succession de révélations positives. Ils ont été soumis à une autre éducation, à celle de l'expérie.icc, mais de l'expérience surveillée et dirigée par Dieu, bien que souvent compromise par les égarements de la liberté. Par cette voie ils sont arrivés, eux aussi, à cette grande aspiration qui était le seul résultat possible et utile de l'œuvre de préparation.

Pour que le désir du salut atteignît toute son intensité, deux choses étaient nécessaires. Il fallait premièrement que 1 objet de ce désir fût déterminé avec une précision de plus en plus grande, et en second lieu que l'impossibilité pour l'homme de l'atteindre par lui-même apparût avec une irrésistible clarté. Ces deux conditions ont été réalisées dans l'histoire des religions païennes. Le désir d'une rédemption se manifeste d'abord d'une manière confuse, quoique puissante. Il n'est pas un peuple qui, à peine formé, n'ait sa religion, son culte, ses autels, ses sacrifices, et qui n'exprime ainsi le besoin de rétablir l'union rompue entre lui et la Divinité. Les religions païennes, toutes grossières qu'elles soient, sont cependant des religions, c'est-à-dire des essais de rattacher l'homme à un pouvoir supérieur,

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