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LE SCEPTICISME DE LA NOUVELLE ACADÉMIE

cations pratiques. Si le stoïcisme fut puissant comme protestation contre les pires infamies du paganisme, il se borna à constater la décadence sans la retarder d'un jour.

Le scepticisme n'avait trouvé son maître ni dans le stoïcisme ni dans l'épicuréisme. Aussi rcparait-il sous une forme nouvelle. Il prétend se couvrir du nom de Platon et renouer la chaîne de la vraie tradition socratique. La nouvelle académie, d'abord modérée et prudente avec Arcésilas, déclare bientôt, par la bouche de Carnéade, que toute certitude est impossible. S'emparant de l'idée des stoïciens que la sensation est la source de nos connaissances, Carnéade établissait sans peine que la sensation ne donne rien d'absolu ni de certain, et il en concluait qu'il faut nous en tenir au vraisemblable '. D'un tel principe on ne pouvait tirer que l'eudémonisme, et Carnéade ne s'en fit pas faute. Ainsi, depuis que la philosophie avait déserté les hauteurs du platonisme, elle était fatalement ramenée au scepticisme et au matérialisme. Elle se condamnait au triste rôle de maximer les pratiques d'une époque de corruption.

Si, de la philosophie, nous passons à la littérature, nous serons encore plus frappés de la transformation qui s'opère dans le génie grec. On sent qu'il a perdu l'inspiration créatrice; il ne respire plus l'air vivifiant de la liberté et ne se retrempe plus dans les luttes démocratiques. Aussi, pour tout ce qui implique le déve-

» Rilter et Preller, p. 404, 405.

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