La secte des Frères de Boliêmc
Il faut maintenant parler de ceux qu'on appeloit faussement Vaudois et Picards, et qui s'appeloicnt eux-mêmes les Frères de Bohême, ou les Frères orthodoxes, ou les Frères seulement. Ils composent une secte particulière séparée des xVlbi- ^^eois et des pauvres de Lyon. Lorsque Luther s'éleva, il en trouva quelques É^Wses d^w?» \^ \\ci\v^m^, ^v^>\^tout dans la Morane, qu il dèlesU dwtmV \\\\\q\a^v^xxvxî.%A\ ^w ^^î;^^\^>\%-^
uis la suite la Confession de foi corrigée, comme nous errons. Bucer et Musculus leur ont aussi donné de grandes »uanges. Le docte Gamérarius dont nous avons 'tant parlé , 3t intime ami de Mélancton, a jugé leur histoire digne d'être crite par son éloquente plume. Son gendre Rudiger, appelé ar les Églises protestantes du Palatinat, leur préféra celles 6 la Moravie dont il voulut être ministre {De Eccl, Frat. in hh, etMorav, Hist. Heid. 1605.) : et de toutes les sectes séparées de Rome avant Luther, celle-ci est la plus louée par es Protestants : mais sa naissance et sa doctrine feront bicnôt voir qu'il n'y a aucun avantage à en tirer.
i50. Us désavouent ceux qui les appeUent Vaudois, et pourquoi.
Pour sa naissance, plusieurs, trompés par le nom et par juelque conformité de doctrine, fontdescendre ces Bohémiens es anciens Yaudois : mais*pour eux ils renoncent a cette rigine, comme il paroît clairement dans la préface qu'ils lirent à la tête de leur Confession de foi en 1572 (De orûf, ccl, Boh, et Conf, ah Us editis. Heid, an, 1605. cum hint, iac. Corner, p. 173.). Us y expliquent amplement leur orine, el ils disent entre autres choses, que les Yaudois sont lus anciens qu'eux ; que ceux-ci avoient à la vérité quelques ^ises dispersées dans la Bohême, lorsque les leurs cornlencèrent à paraître ; mais qu'ils ne les connoissoient pas ; je néanmoins ces Yaudois se firent connoîlre a eux dans la lite ; mais sans vouloir entrer, disent-ils, dans le fond de ur doctrine, a Nos annales, poursuivent-ils, nous apprennent qu'ils ne furent jamais unis à nos Églises pour deux raisons : la première, parce qu'ils ne donnoient aucun témoignage de leur foi et de leur doctrine ; la seconde, parce que pour conserver la paix ils ne faisoient point de diflicuUé d'assister aux messes célébrées par ceux de l'Église romaine. » D'où ils concluoient, non-seulement « qu'ils n'a- Yoient jamais fait aucune union avec les Yaudois, mais encore qu'ils avoient toujours cru qu'ils ne le pouvoient faire en sûreté de conscience. » C'est ainsi qu'ils s'éloignent de origine vaudoise ; et ce qui est ambitieusement recherché irles CahinisteSy est rejeté par ceux-ci ^\eç, mé^m.
iSi, Sentiments de Caroérarius et de Riidiger.
Camérarfus écrit la même chose dans son histoire des Frères de Êohême : mais Rudiger , un de leurs pasteurs dans la Moravie, dit encore plus clairement , que ces Églises sont bien différentes de celles des Vaudois (Hist, p. 103, ete. Rudig, de EccL Frat, in Boh. et Mor, Narr, p, 147. ) : « Que » les Vaudois sont de Tan 1160, au lieu que les Frères n'onti y* commencé à paroître que dans le quinzième siècle ; » et! qu'enfin, « il est écrit dans les annales des Frères, qu'ils » ont toujours refusé constamment de faire union avec les » Vaudois, à cause qu'ils ne donnoient pas une pleine Oon- » fession de leur foi , et participoient à la messe. »
452. Les Yaudois désavoués par les Frères, aussi bien que parles Picnrdf.
Aussi voyons-nous que ces Frères s'intitulent dans Um leurs synodes et dans tous leurs actes, les Frères de Bohême, faussement appelés Vaudois ( In Synt. Sendom. Synt. Gen. II. part. p. 219. ). Ils détestent encore plus le nom de Picards: « Il y a bien de l'apparence , dit Rudiger ( Rudig, ihid. p. » 148. ), que ceux qui l'ont donné les premiers à nos an- » cêlres, l'on tiré d'un certain Picard , qui, renouvelant l'an- » cienne hérésie des Adamites, introduisoit et des nudités et » des actions infâmes ; et comme cette hérésie pénétra dans » la Bohême, environ le temps de l'établissement de nos » Églises , on les déshonora par un si infâme titre , comme » si nous n'eussions été que de misérables restes de cet im- » pudique Picard. » On voit par là comme les Frères rejettent ces deux origines, la picarde et la vaudoise: «lis » tiennent même à injure d'être appelés Picards et Vaudois » {ApoL 1532. ap, Lyd. t, ii. p. 157. ); et si la première origine leur déplaît, la seconde, dont nos Protestants se glorifient, leur paroît seulement un peu moins honteuse : mais nous allons voir maintenant que celle qu'ils se donnent euxmêmes n'est guère plus honorable.
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