‹ Histoire des variations des églises protestantes (volume 2)Chapitre 61 sur 177 · NouTelle Confession de foi de Bueer · texte numérisé non relu

NouTelle Confession de foi de Bueer

Durant que TEmpereur s'efforçoit de faire recevoir soi Intérim dans la ville de Strasbourg, Bucer y publia une nouvelle Confession de foi {Hosp. ann. 1548^. 204.), où cette Église déclare qu'elle retient toujours imniuablement sa première Confession de foi présentée à Charles V à Ausbourg en d530, el; qu'elle reçoit aussi Taccord fait à Vitenaberg avec Luther ; c'est-à-dire, cet acte oh il étoit dit que ceux mêmes qui n'ont pas la foi, et qui abusent du sacrement, reçoivent la propre substance du corps et du sang de Jésus-Christ.

Dans cette Confession de foi Bucer n'exclut formellement que la transsubstantiation, et laisse en son entier tout ce qni peut établir la présence réelle et substantielle.

8. On reçoit en même temps a Strasbourg deux actes contraires.

Ce qu'il y eut ici de plus remarquable, c'est que Bucer, qui, en souscrivant les articles de Smalcalde, avoit souscrit en même temps, comme on a vu (Ci-dessm, Uv, iv.), la Confession d' Ausbourg, retint en même temps la Confession de Strasbourg; c'est-à-dire, qu'il autorisa deux actes qui étoient faits "pour se détruire l'un l'autre : car on se peut souvenir que la Confession de Strasbourg ne fut dressée que pour éviter de souscrire celle d' Ausbourg (Ci -dessus, liv. m. n. 12 et suiv.), et que ceux de la Confession d' Ausbourg ne voulurent jamais recevoir parmi leurs frères ceux de Strasbourg ni leurs associés. Maintenant tout cela s'accorde : c'est-à-dire qu'il est bien permis de changer dans la nouvelle Réforme; mais il n'est pas permis d'avouer qu'on change. La Réforme paroîtroit par cet aveu un ouvrage trop humain ; et il vaut mieux approuver quatre ou cinq actes contradictoires, pourvu qu'on n'avoue pas qu'ils le sont, que de confesser qu'on a eu tort, surtout dans des Confessions de foi.

9. Bucer passe en Angleterre, où il meurt, sans avoir pu rien chanî?'^ dans les articles de Pierre Martyr.

Ce M h dernière action que Bucer fit en Allemagne. Burant les mouvements de Vlntorim, W \\w\n^ \w\^j^k en An-

gleterre parmi les nouveaux Protestants qui se fortifloicul soas Edouard. 1) y mourut en grande considération, sans néanmoins avoir pu rien changer dans les articles que Pierre Martyr y avoit établis : de* sorte qu'on y demeura dans le pur zuinglianisme. Mais les sentiments de Bùcer auront leur tour, et nous verrons les articles de Pierre Martyr changés sons Elisabeth.

10.Ofiandre abandonne aussi son Égliso Hc Nuremberg, et mel tout en trouble dans la Prusse.

(1525.) Les troubles de Vlntcrim écartèrent beaucoup do Réformateurs. On fut scandalisé dans le parti mAine du leur Toir abandonner leurs Églises. Ce n'étoit pas leur coutume do s'exposer pour elles ni pour la Réforme» ; et on a remar(|ué il y a longtemps , qu'aucun d'eux n'y a laissé sa vie ; si ce n'est Cranmer qui fit encore tout ce qu'il put pour la sauver en abjurant sa religion tant qu'on voulut. Le fameux Osiandre fut un de ceux qui prit le plus tôt la fuite. Il dispanit tout-àcoup à Nuremberg, Église qu'il gouvernoit il y avoit vingt-cinq ans, et dès le commencement de la Réforme ; et il fut recju dans la Prusse : c'étoit une des provinces les j)lus affectionnées au luthéranisme. Elle appartenoit à l'ordre Teutonique; mais le prince Albert de Brandebourg, qui en était le grand maître , conçut tout ensemble le désir de se marier, de se réformer, et de se faire une souveraineté héréditaire. C'est ainsi que tout le pays devint luthérien ; et le docteur de Nuremberç y excita bientôt de nouveaux désordres.

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