Inconvénients de Finamissibilité soutenue par Calvin
D'ailleurs, en disant que le Saint-Esprit et la justice ne se pouvoient perdre non plus que la foi , on obligeoit lé fidèle une fois justifié et persuadé de sa justification , à croire que nul crime ne seroit capable de le faire déchoir de cette grâce,
En effet, Calvin soutenoit qu'en perdant la crainte de Dieu on ne perdoit pas la foi qui nous justifie. (Antid. Conc. Trid. in sess. vi. cap. 16. Opusc. p. 288.). Il se servoit à la vérité de termes étranges ; car il disoit que la foi étoit accablée, ensevelie, suffoquée; qu'on en perdoit Uii^Qssession, c'est-à-diri,
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litefUiment et la connaissance; niais il lyoutoil qu'avec tout cela elie n'étoit pas éteinte,
n faut trop de subtilité pour concilier ensemble toutes ces paroles de Calvin : mais c'est que comme il vouloit soutenir son dogme, il vouloit aussi donner quelque chose à Thorreur qu'on a de reconnoître la foi justifiante dans une âme qui a perdu la crainte de Dieu, et qui est tombée dans les plus grands crimes.
IC. Inconvénients de la doctrine qui fait naître en fjràcc les enfants.
Mais si on joint à ces dogmes celui qui enseigne que les enfants des fidèles apportent au monde la grâce en naissant ; dans quelle horreur tombe-l-on, puisqu'il faut nécessairement avouer que toute la postérité d'un fidèle est prédestinée !
La démonstration en est aisé selon les principes de Calvin. Qui naît d'un tidèle naît dans l'alliance, et par conséquenl dans la grâce : qui a une fois la grâce n'en peut plus déchoir : si non-seulement on l'a pour soi-même , mais encore qu'on 'a transmette nécessairement à ses descendants, voilà donc la grâce étendue à des générations infinies. S'il y a un seul Mêle dans toute un race, la descendance de ce lidèle est toute prédestinée. Si on y trouve un seul homme qui meuic 'lans le crime, .tous ses ancêtres sont damnés.
'^. Luther n'est pas moins blâmable d'avoir posé ces principes, que Calvin d'avoir tiré ces conséquences.
Au reste les suites horribles de la doctrine de (iaiviii nt» 'ondamnent pas moins les Luthériens que les Calvinistes : et il les derniers sont inexcusables de se jeter dans de si étranges inconvénients , les autres n'ont pas moins de tort d'a- W posé des principes d'où suivent si clairement de telles conséquences.
l8. Si ces trois doc^mes se trouve dans les Confessions de fui.
Mais encore que les Calvinistes aient embrassé ces trois logmes comme un fondement de la Réforme , le respect des -.ulhériens a fait, si je ne me trompe, que dans les Confessons de foi des Églises calviniennes on a plutôt insinué in'expressénient établi les deux premiers dogmes, c'osl-à-dire,
la certitude de la prédestination, et Tinamissibilité de la justice (Confes. deFr. art. 18. 19. 20. 21. 22. Cat, Dim. 18. 19. S6.). Ce n'est proprement qu'au synode de Dordrect qu'on en a fait authentiquement la déclaration : nous la verrons en son lieu. Pour le dogme qui reconnoît dans les enfants des fidèles la grâce inséparable d'avec leur naissance , nous le trouvons dans le Catéchisme dont nous avons rapporté les termes, et dans la forme d'administrer le Baptême (Cat, Dim, 50. Form, du Bap. 5. n. ii.).
"19. Deux dogmes des Gakinistes sur les enfants peu convenables à leurs principes.
Je ne veux pas assurer pourtant que Calvin et les Calvinistes soient bien constants dans ce dernier dogme : car encore qu'ils disent d'un côté que les enfants des fidèles naissent dans l'alliance , et que le sceau de la grâce qui est le Baptême ne leur est dû qu'à cause que la chose même, c'està-dire , la grâce et la régénération leur est acquise par le bonheur qu'ils ont d'être nés de parents fidèles; il paroît en d'autres endroits qu'ils ne veulent pas que les enfants des fidèles soient toujours régénérés quand ils reçoivent le Baptême, pour deux raisons : la première, parce que selon leurs maximes le sceau du Baptême n'a pas son effet à l'égard de tous ceux qui le reçoivent, mais seulement à Pégard des prédestinés. La seconde , parce que le sceau du Baptême n'a pas toujours son effet présent, même à Tégard des prédestinés; puisque tel qui est baptisé dans son enfance, n'est régénéré que dans sa vieillesse.