Les images. Pieux sentiments de la Reine
Pour les images, « son dessein élml , ^vvtVowV , ^^ W ^^vv-
» server dans les Églises , et dans le service divin ; elle fai » soit tous ses efforts pour cela; car elle affectionnoit extrê- )r mement les images , qu'elle croyoit d'un grand secours » pour exciter la dévotion ; et tout au moins elle estimoit que » les églises en seroient bien plus fréquentées » (Burn, lk\ m. p, 551. 558.). C'étoit en penser au fond tout ce qu'en pensent les Catholiques. Si elles excitent la dévotion envers Dieu, elles pouvoient bien aussi en exciter les marques extérieures : c'est là tout le culte que nous leur rendons : y être affectionné dans ce sens , comme la reine Elisabeth , n'éloit pas un sentiment si grossier qu'on veut à présent nous le faire croire ; et je doute que M. Burnet voulût accuser une Reine, qui, selon lui, a fixé la religion en Angleterre, d'avoir eu des sentiments d'idolâtrie. Mais le parti des Iconoclastes avoit prévalu ; la Reine ne leur put résister ; et on lui fit tellement outrer la matière, que non contente d'ordonner qu'on ôtât les images des églises, elle défendit à tous ses sujets de ks garder dans leurs maisons (P. 590.) : il n'y eut que le crucifix qui s'en sauva ; encore ne fut-ce que dans la chapelle royale, d'où l'on ne put persuader à la Reine de l'arracher (Thuan, lib. xxi. an, 1559.).
M. On la persuade par des raisons évidemment mauvaises.
Il estdoncbon de considérerce que les Prolestants lui représentèrent, pour l'obliger à cette ordonnance contre les images, afin qu'on en voie ou la vanité, ou l'excès. Le fondement principal est que le deuxième commandement défend de faire des images à la similitude de Dieu (Burn. ibid.) : ce qui manifestement ne conclut rien contre les images ni de Jésus- Christ en tant qu'homme , ni des saints, ni en général contre celles oii l'on déclare publiquement, comme fait l'Église catholique, qu'on ne prétend nullement représenter la divinité. Le reste étoit si excessif que personne ne le peut soutenir : car ou il ne conclut rien , ou il conclut à la défense absolue de l'usage de la peinture et de la sculpture ; foiblesse , qui à présent est universellement rejetée de tous les chrétiens, et réservée à la superstition et grossièreté des Mahométans et ^cs Juifs,
. On varie niauireiteni nt sur la pr«'>seDce réelle. La politique rè^e la relif^ioD. •
Lsf Reine demeura plus ferme sur le point de TEucharistie.
Il est de la dernière importance de bien comprendre ses'sen-
ments, selon que M. Bumet le rapporte {Bum. ibid. 557.) :
« Elle eslimoitqu'on s'étoit restreint, du temps d'Edouard, sur
» certains dogmes, dans des limites trop étroites et sous des
» termes trop précis; qu'il falloit user d'expressions plus gé-
«nérales, où les partis opposés trouvassent leur compte. »
Voilà ses idées en général. En les appliquant à l'Eucharistie,
« son dessein étoit de faire concevoir en des paroles un peu
>» VAGUES la manière de la présence de Jésus-Christ dans
» rEucharistie. Elle trou voit fort mauvais que par des expli-
» cations si subtiles on eût chassé du sein de l'Église ceux qui
» croyoient la présence corporelle. » Et encore (Ibid, 597.) :
« Le dessein étoit de dresser un ofûce pour la communion ,
» dont les expressions fussent si bien ménagées , qu'en'évi-
" tant de condamner la présence corporelle , on réunît tous
* les Anglais dans une seule et même Église. »
On pourroit croire peut-être que la Reine jugea inutile de
expliquer contre la présence réelle , à cause que ses sujets
e portoient d'eux-mêmes à l'exclure ; mais au contraire, «la
plupart des gens éloient imbus de ce dogme de la présence
corporelle : ainsi la Reine chargea les théologiens de ne
rien dire qui le censurât absolument; mais de le laisser
indécis, -comme une opinion spéculative que chacun auroit
la liberté d'embrasser ou de rejeter. »