EXTRAITS DE QUELOUES LETTRES DE M. BURNET
ment, et à vrai dire, ce qui la distingue de la foi romaine. Plus il suivoit ce principe, plus il sentoit que, ni les décisions des synodes, ni les Confessions de foi, ni enfin ce qu*on appeloit dans le parti la Traditive des Eglises protestantes, D*ëtoient un principe suffisant pour le déterminer : au contraire , Tautorité qu'il voyoit qu'on vouloit donner à toutes ces choses, contre les vrais principes de la Réforme , lui paroissoit, comme elle étoit selon ses principes, un joug DQt à fait humain , qu'on imposoit aux consciences , et un Tai retour au papisme. En cet état, on voit bien qu'il deoit devenir fort tolérant : il s'enfonçoit insensiblement dans \ tolérance où les principes de sa religion le conduisoient ; )t 11 est vrai qu'ils le mettoient beaucoup au large : car il ne onnoissoit pas ce joug salutaire que l'autorité de TEglise mpose à notre raison chancelante par elle-même, et la Réorme Joi avoit appris à le regarder comme une tyrannie. Il Bt toujours demeuré fort persuadé de la divinité de Jésuslïhrist, et par là très- éloigné des Sociniens.
Mais comme il ne s*en éloignoit que par des raisonnements [n*il faîsoit en son esprit, sur l'Ecriture, et qu'il voyoit que 98 autres enfaisoient de tout contraires , sans qu'aucune autorité qui fût sur la ferre , pût déterminer les esprits d'un côté ilatôt que de l'autre , il ne voyoit point par quel endroit il Kmvoit les condamner ni les exclure du salut, non plus que es autres secte du christianisme. Alors donc il composa le petit ivre De la Foi réduite à ses justes bornes, où il est vrai qu'il tonne à pleines voiles dans la tolérance Universelle. Le reste la son histoire n'est pas de ce lieu , non plus que le fameux lémélé qu'il eut avec M. Jurieu , sur la matière de la grâce. I. Papin suivoit la doctrine de son oncle, M. Pajon: et bon ^rotestantqu'il étoit, il n'avoit pas cru que l'autorité du synode l'Anjou fût suffisante pour l'en détourner. En un mol, ildonoit tout au raisonnement , et il n'avoit rien alors qui pût l'em* ècher d'ouvrir une vaste carrière à sessentimenls, ni de jouir u charme décevant qui accompagne naturellement cette lierté. Ce qu'il y avoit pour lui de plus dangereux , c'est qu'il onvoit les plus beaux esprits de la Réforme, et entre autres . Burnety dans la même opinion , comme on le va voir par